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La “tréso” : un dommage collatéral ultra-sensible pour certains magasins…

TrésoCarburants

Nouvelle contribution à l’analyse de la crise actuelle, au-delà des sentiers battus. Le coronavirus a déjà fait de nombreuses “victimes” commerciales : les rayons trad, les prospectus, les rayons vrac, etc. En voici une autre, moins visible mais nettement plus douloureuse : la trésorerie des points de vente, liée à la vente de carburants. Pour être clair : la station-service ne contribue que modestement à la rentabilité des magasins (produit d’appel oblige), en revanche, elle a un rôle essentiel dans la trésorerie car les volumes brassés sont énormes. Pour l’illustrer, le cas d’un Intermarché qui “passe” 2 citernes par semaine : 90 000 litres, soit, pour faire simple, 100 000 € qui rentrent dans les caisses en trois jours mais qui ne seront payés à la centrale qu’à 20 jours (c’est plutôt 8/10 jours chez Leclerc mais les volumes concernés sont aussi plus élevés). Et si la station pèse la moitié des ventes totales de l’entreprise (ce qui n’est pas exceptionnel pour des p’tits Intermarché ruraux), son débit est donc essentielle à la trésorerie… Mais voilà, depuis le confinement, les volumes de carburants sont en chute libre : de – 50 à – 80 % selon les stations. Si vous suivez : les citernes “tournent” moins rapidement. Et la tréso se tend. Au point d’inquiéter plus d’un indépendant.