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Leclerc / Costco : rififi à Pontault

Leclerc Pontault

Annoncée par Le Parisien il y a une dizaine de jours, l’arrivée de Costco à Pontault-Combault et le départ de Leclerc (puisque l’un est lié à l’autre !) n’est pas un long fleuve tranquille avec, au cœur des relations entre les deux groupes, le sort des 150 salariés de l’hyper. L’histoire de ce Leclerc – qui tourne en boucle dans le groupement – est mal emmanchée depuis le départ : un hyper qui a ouvert en 2012 et qui devait faire vaciller le Carrefour (et géant) voisin. Leclerc promettait même qu’à l’issue du combat (qu’il devait gagner) 600 emplois seraient créés sur son site. L’hyper n’a jamais décollé et la Scadif (la centrale régionale Leclerc) s’est résolue en février à dénoncer le bail auprès du propriétaire, CNP Assurances, ce qui signifiait de facto la fermeture de l’hyper et donc la mise en œuvre d’un plan social pour le personnel. Selon mes informations, confirmées par des salariés avec lesquels j’ai pu échanger sur place, rien n’a été enclenché. Hypothèse : en dénonçant le bail, Leclerc espérait peut-être obtenir une renégociation et non réellement fermer le site, d’où la non-mise en œuvre d’un plan social, par principe coûteux. Mais le propriétaire a d’abord cherché un nouveau locataire et… l’a donc trouvé : Costco, qui a signé mi-juin. Et c’est là où l’histoire s’envenime… Car Costco a découvert quelques jours plus tard que Leclerc n’avait toujours pas avancé sur le volet social (ce qui ne manque pas d’interroger sur le rôle des représentants du personnel à Pontault…) et a compris, en creux, que Leclerc se verrait bien lui refiler la patate chaude. Mais Costco a signé un bail non pour reprendre un magasin (et le personnel) mais reprendre une coque vide. D’ailleurs, avant la prise effective par Costco au printemps, le bâtiment va nécessiter quelques travaux (à commencer par une nouvelle dalle) que le bailleur va réaliser. Ce n’est qu’ensuite, après 4 à 5 mois de fermeture, que Costco deviendra réellement locataire et s’installera pour environ 6 mois d’aménagement si tout se déroule au mieux. Autant dire qu’environ une année devrait se passer entre la fermeture et la réouverture. Et qu’il est quand même difficile pour Leclerc de défendre l’idée d’une continuité d’activité, ce qui doit bien être l’argumentation officielle pour s’émanciper d’un plan social en bonne et due forme. Mais je ne suis ni juriste ni juge, juste observateur !