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“Made in France”, vraiment ? (pour que cesse l’hypocrisie de l’origine)

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C’est le week-end du “made in France”, une célébration voulue par le Président de la République qui a donc ouvert l’Élysée à toute une série de produits français. Jusqu’à un avion de tourisme (le Robin DR 401, j’dis ça pour les férus d’aviation) qui squatte les jardins de la Présidence ! A ces produits, je rajoute bien volontiers ce blanc de poulet Fleury Michon, lui aussi fabriqué en France mais, hélas, illustration de l’incroyable hypocrisie agroalimentaire française. Ou quand le made in France (en gros) fait le lit des importations de matières premières venues d’ailleurs (en petit). Et donc participe au déclin inexorable de la Ferme France. C’est tout l’esprit de #BalanceTonOrigine (issu des travaux du ThinkTank Agroalimentaire des Échos que je dirige depuis 7 ans) : marques et enseignes, aidez le consommateur à aider les agriculteurs en mettant un terme à cette “asymétrie” des promesses d’origine. Si, dans cet exemple, le poulet est polonais, les consommateurs doivent le savoir. Ceux qui le veulent et ceux qui le peuvent feront alors un choix éclairé. Ce qui n’est pas le cas ici. Et si l’ensemble des industriels (et des enseignes pour leurs MDD) adoptent concomitamment cette position, il n’y aura même pas de distorsions de concurrence entre eux.  Mais voilà, certains n’ont toujours pas compris ni les attentes sociétales (la transparence ne sera bientôt plus un avantage mais un pré-réquis qui disqualifiera ceux qui ne l’auront pas accepté à temps) ni leur responsabilité dans la résilience de la Ferme France. Dommage.