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Et si les Mulliez aidaient Carrefour (en se refusant)…

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LES FAITS.        Après la révélation d’un intérêt (supposé) de Carrefour pour Auchan, les Mulliez sont montés au front pour… se refuser. Le patriarche Gérard, d’abord, “à titre personnel”. Puis Barthélémy Guislain, président de l’Association Familiale, qui a écrit à La Voix du Nord “Nous ne vendrons jamais Auchan”. 

Pschitt… La “bombe” lancée jeudi par le quotidien Le Monde, évoquant un intérêt de Carrefour pour un rapprochement avec Auchan, a donc fait pschitt. En 24 h, les deux “autorités” familiales Mulliez ont douché les éventuels espoirs d’Alexandre Bompard. Gérard, d’abord, auréolé de son statut de fondateur et donc figure tutélaire. Barthélémy Guislain, le président de l’AFM, ensuite. Les deux ont écrit à La Voix du Nord pour dire tout le mal qu’ils pensaient des intentions prêtées par Le Monde à Carrefour. 

L’addition de Carrefour et d’Auchan aurait formé un géant (aux pieds d’argile)

En l’état, rien ne confirme (officiellement) les ambitions d’Alexandre Bompard. Mais l’homme est arrivé à la tête de Carrefour précédé d’une réputation de “deal maker” à succès (Fnac/Darty). Il n’a jamais caché l’un de ses premiers étonnements : l’extrême atomisation du marché et l’intérêt à créer un véritable champion par consolidation. Sans compter un round préliminaire (écourté) de discussions avec Jean-Charles Naouri il y a 3 ans. Autant dire qu’une supposée approche des Mulliez n’a étonné personne lorsque le bruit a couru Paris ces dernières semaines (il fallait même être bien sourd pour ne pas l’entendre). 

Mais les Mulliez ont donc violemment claqué la porte au nez du prétendant. Bien sûr, l’addition d’Auchan et Carrefour formait un géant. Mais un géant aux pieds d’argile. Car un convalescent et un estropié réunis n’ont jamais fait un athlète de haut niveau. Une fusion aurait par ailleurs mobilisé une énergie colossale pour un résultat hypothétique eu égard à l’exposition des deux groupes aux grands hypers. Plusieurs années durant, la gestion aurait légitimement pris le pas sur le commerce alors que l’époque commande une agilité (commerciale) inédite. Sans compter le difficile précédent Carrefour/Promodès alors que les vents étaient pourtant moins contraires. Bref, en se refusant, les Mulliez ont peut-être rendu une fière chandelle à Carrefour. Ont-ils pour autant sauvé Auchan ?     

Olivier Dauvers

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