
C’était forcément une audition attendue… : Gianluigi Ferrari, président d’Everest, le bras armé d’Intermarché et d’Auchan dans les négociations européennes, était donc devant la commission d’enquête sénatoriale. Attendue, parce que l’homme est considéré (côté industriels) comme un “cow-boy” ! Attendue, parce que le patron de Lactalis, Emmanuel Besnier, s’en est ouvertement plaint auprès de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Attendue enfin, parce que les traces du conflit se voient en rayons (j’ai moi-même révélé plusieurs chutes de DN violentes depuis le début de l’année, études qui ont manifestement alimenté les questions des sénatrices 😉 ).
Mais comme l’homme n’est pas du genre à se dégonfler (l’italian touch sans doute…), Ferrari y est allé bille en tête ! Déjà en contestant le déréférencement. Juste “une baisse des commandes”. Techniquement, il a raison. Dans l’esprit, la différence est ténue. Plus généralement, sur le conflit : la faute à Lactalis, qui traînerait toujours. Par exemple en communiquant ses CGV la veille de la date limite. Ce qui, au yeux de Ferrari, rend difficile la conclusion d’un accord dans les temps prévus. A l’écouter, il y a même chez Everest des dates d’étape programmées en cours de négo. Des points de passage qui, s’ils ne sont pas satisfaisants, déclenchent une baisse des commandes (ce qui revient quand même à une forme de pression). C’est donc ce qui se serait passé. Bref, à l’écouter, tout est normal. A dire vrai, suis pas certain que les deux sénatrices en chargent de la commission en soient ressorties convaincues…



