
Je n’ai jamais caché mon penchant pour les indépendants organisés en réseaux. Pour être clair, c’est une préférence de modèle économique (pas de modèle commercial, ça c’est un autre sujet), parce que la construction patrimoniale se fait localement. La création de valeur (pour reprendre une expression à la mode) s’étale sur le territoire, par opposition avec un groupe intégré. Pour être encore abrupt : dans l’intérêt économique des territoires, je préfère des adhérents/propriétaires de magasin riches à millions dans chaque sous préfecture plutôt qu’une seule famille riche à milliards.
Par construction, ces réseaux d’indépendants (c’est Leclerc, U ou Intermarché en alimentaire, mais également Intersport, Joué Club ou BigMat par exemple en non-alimentaire) recouvrent des histoires d’hommes, ce qui leur donne une saveur particulière. Et une relation différente avec les équipes et l’éco-système local. Le hasard de ma semaine retail m’a donné à vivre une arrivée et un départ. Avec toute cette saveur de l’entrepreunariat en version “réseau”.
A Charly-sur-Marne (02), d’abord. C’était mardi soir. Sur scène Nicolas Bellon et son épouse Pauline. Après reprise et travaux de fond en comble, l’inauguration de leur Super U. Je connais (et je suis) Nicolas depuis ses années d’étudiants à l’Ecal. Il fallait être aveugle pour ne pas voir un entrepreneur en puissance. Il fallait juste trouver le chemin. Et comme souvent c’est une rencontre : Sébastien Dierick, déjà associé U (et solidement installé). L’un fait la preuve à l’autre de l’envie et la compétence. L’autre créé les conditions de la mise en orbite de l’un. Vous me trouverez (peut-être) cœur d’artichaut mais c’est touchant.

A St-Pol-de-Léon samedi soir, ça n’était pas une inauguration mais un départ. Mais la même charge émotionnelle. Sébastien et Marie-Laure Polard, adhérents Leclerc, tiraient leur révérence et avaient convié leur personnel pour le “dernier adieu”. Et pas avec du mousseux éco plus et des sandwiches triangle parce qu’ici, à St Pol, on a deux/trois convictions sur la vie, la vraie 😉 Environ trois quarts des employés avaient répondu présents, ce qui en dit beaucoup sur le lien qui, dans le temps long, peut se nouer entre un chef d’entreprise et ceux qui font l’entreprise : les employés. Et ce temps long, seul les indépendants l’ont. Voilà pourquoi il y avait de l’émotion à St Pol hier soir. Comme à Charly-sur-Marne mardi. Et que j’étais content d’en être.







