
Carrefour, via un post d’Alexandre Bompard, a été la première enseigne à annoncer des mesures en faveur de la ferme France : souplesse dans l’agréage et délais de paiement raccourcis notamment (revoir ici). En parallèle, Carrefour a initié un affichage magasin pour inciter à choisir l’origine France sur le thème “Protéger ceux qui nous nourrissent”. Une véritable déclaration d’amour aux paysans français. Rien à dire sur la posture, évidemment. Mais l’occasion d’un défi que je lance à Carrefour pour démontrer que derrière promesses et affiches il peut y avoir des actes concrets et vertueux.
Et l’on va donc reparler de… la tomate cerise ! Je n’y ai aucun intérêt personnel évidemment, mais je trouve que l’initiative des producteurs français de lancer leur “tomate souveraine” au prix cible de 1,29 € (pour concurrencer la marocaine à 0,99 €) est un excellent exemple de ce qu’il est possible de faire. En hypers et supers, Carrefour (comme la plupart des autres enseignes) “joue le jeu”. En proxi, c’est pas la même limonade. Les entrepôts proximité, qui “touchent” la cerise à 1,05 € (toutes les enseignes ont le même prix d’achat), la revendent aux Carrefour City, Contact ou Express à 1,14 € HT. Et comme le prix on pack est de 1,29 € TTC, la marge pour l’épicier est rikiki : moins de 7 %. Comme elle est double pour l’Azura marocaine (prix d’achat 0,80 €, prix de revente 0,99 €), la proxi Carrefour préfère la tomate cerise marocaine et boude la française. L’exploitant d’un Carrefour Contact me l’a résumé ainsi (et j’ai adoré la formule) : “Mon patriotisme me rapporte 6 points de marge, mon pragmatisme marocain 14, donc…“.
Le défi (tout simple) à Carrefour : soyez moins gourmand sur la marge entrepôt pour inciter vos franchisés / locataires-gérants de la proximité à référencer la tomate cerise française. Me revient d’ailleurs cette expression pleine de bon sens : il n’y a pas d’amour, que des preuves d’amour. Carrefour, si vous aimez la Ferme France, c’est donc le moment de le montrer… Chiche ?




