
On n’en est encore qu’aux préliminaires… De part et d’autre, on se chauffe ! Par médias interposés, plusieurs distributeurs-en-chef ont prévenu leurs fournisseurs de la mesure dont ils devraient faire preuve au moment de présenter leurs tarifs. En parallèle, plusieurs fédérations d’industriels ont déjà annoncé que, faute d’avoir accepté des renégos en début d’été suite à l’envolée de l’énergie et du plastique, les enseignes devraient se montrer magnanimes.
Tout est donc en place pour le théâtre habituel ! A une nuance près : les positions des deux parties sont plus entendables que jamais. Objectivement, les marques ont des hausses à faire passer. Elles en auront encore davantage en fin d’année. A l’envolée du coût des emballages et de l’énergie se rajoute l’inflation de certaines matières premières (céréales par exemple) ou des intrants pour les exploitants agricoles. Exemple (parmi d’autres) : le foin. Nombre d’éleveurs n’auront pas d’autres choix que d’acheter hors de l’exploitation leurs fourrages, à un niveau de prix deux fois plus élevé que d’ordinaire. Peut-on imaginer décemment que le prix du lait payé aux éleveurs n’en tiennent pas compte ? Impossible. Donc les yaourts, fromages et autres produits laitiers en seront impactés.
En face, les distributeurs s’inquiètent tout aussi légitimement. D’abord, l’inflation est bel et bien repartie (malgré les dénégations de certains…). Encore + 3 % sur un an à fin septembre selon l’INSEE, le plus haut niveau depuis deux ans. En cause notamment : l’envolée de l’énergie, mais pas que… Les produits frais ont été flashés à + 9,9 %. Et la consommation dans sa globalité en souffre déjà : – 0,5 % en août, toujours selon l’INSEE. Et les perspectives sont peu flatteuses. J’ai révélé il y a quelques jours le bilan de la Foire aux Vins Lidl : – 15 %. Mes antennes remontent d’importantes baisses dans d’autres enseignes. Et la Foire aux Vins est toujours un excellent thermomètre de la consommation discrétionnaire. Voilà pourquoi, aussi justifiés soient-ils, les nouveaux tarifs ne seront pas accueillis avec grande bienveillance par les enseignes. Et que, dans tous les cas, les étiquettes valseront inévitablement en mars prochain. De gré ou de force 😉




