
Il y a un an, dans mon édito vidéo hebdo “La MINUTE RETAIL”, je l’évoquais : “L’avenir d’Aldi en France finira par se poser” (revoir ici). Selon la toujours très bien informée La Lettre, l’avenir d’Aldi en France se poserait donc bien ! La Lettre affirme en effet ce matin que la banque conseil d’Aldi, la Deutsche Bank, travaille sur plusieurs options de sortie du marché (comme Aldi l’a déjà fait pour le Danemark fin 2022).
Rien d’étonnant. La situation d’Aldi en France est… “compliquée” (euphémisme). Commercialement, l’acquisition de Leader Price n’a pas porté ses fruits. En 2020, l’addition Leader Price / Aldi atteignait 3,9 %. Désormais, c’est… un point en deçà : 2,8 %. En cause : la différence (trop radicale) entre les deux concepts qui a éloigné une part des clients Leader Price attachés à la largeur d’offre.
Financièrement, c’est pas mieux. 1,3 milliard de pertes de 2019 à 2023, selon les infos de VIGIE GRANDE CONSO (infographie ci-dessous). Il existe certes des signes d’amélioration. D’abord, l’exercice 2024 se serait terminé sur un EBITDA à l’équilibre avec intégration des revenus immobiliers (Aldi est propriétaire d’environ la moitié des murs). Ensuite, les ventes 2025 ont nettement progressé : + 6,5 %. Mais peut-être… trop tard !
Reste la suite… Qui pour Aldi ? Depuis des années, j’ai pris le pari d’un “échange de pays” entre Lidl et Aldi, l’un cédant à l’autre un pays faible pour renforcement mutuel dans un pays fort (et une moindre pression sur les marges). Pas facile d’un point de vue concurrentiel, certes. Voilà pourquoi, si reprise il y a, aucun repreneur n’arrivera seul, même Lidl (sans même certitude que les deux Allemands soient en discussion).
Dès lors, qui ne peut pas laisser passer les 1 300 magasins Aldi ? Lidl donc. Action aussi, dont la proposition commerciale cartonne et dont le maillage est encore imparfait. Et enfin Carrefour, forcément intéressé par les emplacements urbains d’Aldi. L’occasion de booster encore la proximité, l’activité la plus rentable ! La morale ? Si Aldi veut vraiment sortir du marché français, y’a des acheteurs !




