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[ RÉVÉLATIONS ] Argenteuil “Côté Seine” : Intermarché pris au piège de Casino et d’un loyer à plus de 20 % du CA

Intermarché Argenteuil (95) est un ex-Casino qui ressemble (trop) à ce qu’étaient les Casino pendant la déconfiture du groupe stéphanois. Avant de sombrer en 2023, Argenteuil avait même été fermé deux fois par la préfecture pour manquement aux règles d’hygiène. Commercialement, l’hyper se traînait dans les tréfonds du classement des rendements : 15 M€ sur 6 500 m2, soit 2 300 €/m2. Évidemment invivable. Repris d’abord par Carrefour en 2024, Argenteuil a été cédé à la demande de l’Autorité de la Concurrence, avec changement d’enseigne pour Intermarché effectif depuis ce printemps. Et de fait, on se demande dans quelle galère sont allés Les Mousquetaires, hormis éviter que Leclerc ne s’installe dans une ville où il y a déjà 2 Intermarché. Car Argenteuil est un gouffre où les pertes se comptent en millions.

Comme souvent avec les sites ex-Casino, le sujet tient en un mot : loyer. Ici, à Argenteuil, Casino est toujours propriétaire des murs de l’hyper et, selon mes informations, encaisse un loyer de 3 M€ auquel se rajoute 1 M€ de charges. Et même à 350 K€ de CA hebdo ce qui était le cas avant le début des vacances (soit un rythme de 18 M€ annuels et 20 % de plus que sous l’enseigne Casino), l’effort est insoutenable : le loyer atteint plus de 20 % du chiffre d’affaires.

De fait, le magasin est en mode survie. Il a la surface d’un hyper, mais n’en a pas l’offre. Résultat : ça flotte. Nul besoin d’être informé pour comprendre : quand les couettes s’étalent sur 13 éléments, le papier-toilette sur 14 éléments (si si) et autant pour l’essuie-tout, que les palettes d’eau, de vins ou de bières occupent le carrelage, on saisit vite que l’enjeu est de faire illusion avec le moins de valeur de marchandises possible. Dans le même temps, il n’y a aucun à rayon à service, pour mieux contenir les frais de perso. Du Casino dans ses dernières années… Sauf qu’ici, l’histoire en est (au moins en théorie) à ses débuts et pas à la fin.

En coulisses, se joue la classique bataille entre propriétaire et locataire. Le bail (repris par Intermarché à Carrefour) garantit 3 millions d’euros annuels à Casino et impose une obligation d’exploiter à Intermarché. Donc de perdre sa chemise chaque jour qui passe. Et dans ce grand bluff, les deux sont en risque : Intermarché de s’asphyxier (le magasin est évidemment en portage mais Les Mousquetaires ont-ils vraiment les moyens de “cramer” ces millions à l’heure où ils veulent investir en prix ?) et Casino est en risque de voir la valeur de son bien s’effondrer à la prochaine sortie de bail. Ce qui pourrait l’inciter à une cession des murs tant qu’ils ont un peu de valeur. Ou a minima à accepter les demandes d’Intermarché d’un downsizing de surface ET de loyer. Un jeu de poker…

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