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L’avis du “pubard” : Bigard ou la blague du boucher qui n’a rien compris à rien

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Le « pubard » est un véritable homme de communication. Véritable, car il… existe vraiment (et ce n’est pas moi !). Il est même aujourd’hui à la tête d’un important réseau (ce qui explique son anonymat). Véritable, car il évolue dans la com’ grande conso depuis quelques décennies désormais. Bref, l’animal n’est pas une perdrix de l’année. Donc, vous l’avez compris, on ne la lui fait pas ! Vous le retrouverez ici lorsque l’actualité le commandera. Nouvelle contribution aujourd’hui sur “le cas” Bigard…

Bigard… Pas question d’évoquer ici Jean-Marie Bigard (dommage parce que lui, au moins, il est drôle et populaire) mais Bigard notre boucher national qui va réussir le challenge d’être plus détesté que les distributeurs.

Pourquoi ?

Parce qu’il n’a malheureusement pas encore compris que l’actualité économique et la communication commerciale n’étaient plus étanches et que la porosité était devenue totale… Alors, quand toute la presse se fait l’écho de la crise que traversent les producteurs de viande, souvent réduits à des conditions de vie précaires ; que les pouvoirs publics ET la grande distribution acceptent unanimement la misérable augmentation des cours ; que les consommateurs soutiennent le « combat » des éleveurs, cet « intelligent définitif » de Bigard, n’écoutant que son portefeuille, refuse ladite augmentation au prétexte de préserver sa compétitivité et son leadership… Et, en plus, attaque en justice les éleveurs qui manifestent dans les hypers.

Conclusion de cette brillante opération de communication, les distributeurs boycottent les produits Bigard et l’affichent en magasin. Genre « C’est qui les good boys ? C’est nous et pas les industriels qui saignent à blanc les pauvres éleveurs ». 

Alors, Monsieur Bigard, cours de communication 1ère année, on n’est plus une grande marque juste en claimant la qualité et le prix… C’est nécessaire mais pas suffisant. Aujourd’hui, être une marque référente et aimée des consommateurs, c’est reprendre le leadership moral de sa catégorie. C’est jouer un rôle dans la société, et prendre des engagements responsables pour faire avancer bien plus que la qualité…  Faire avancer l’emploi, la formation, les débouchés en local. Bref un rôle sociétal que l’industrie a peu à peu abandonné. Et la nature ayant horreur du vide, qui l’a récupéré ? La grande distribution ! 

PS : la foudre (éditoriale) est donc tombée sur Bigard, par la grâce d’un affichage en magasin. Cooperl aurait pu aussi en être victime !