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Ce que les packs disent de la “francisation” de Lidl…

Lidl1Vous connaissez mon intérêt d’un côté pour Lidl (et son extraordinaire mue) et, de l’autre, pour  l’origine des matières premières agricoles dans les produits agroalimentaires… Forcément, au croisement des deux, je vais rentrer dans le détail ! Voici donc quelques observations en magasins sur le sujet. En l’occurrence sur l’offre de Lidl en charcuterie.

Sur plusieurs produits (voir ci-dessus), Lidl est manifestement en phase de francisation (toute relation avec l’actu agricole récente n’étant évidemment pas fortuite). Pour preuve, l’origine France qui apparaît désormais sous forme de stickers rajoutés alors qu’elle ne figure pas d’origine sur le pack. Et ce n’est pas qu’une nuance… Ca signifie concrètement qu’initialement (lorsque le pack a été conçu et les séries fabriquées) l’origine de la matière première n’était pas un sujet. Il l’est devenu. Et Lidl investit désormais tant dans la matière première française que dans le stickage des packs. Forcément coûteux… En matière industrielle, sauf… magie, il est évidemment impossible de rajouter un autocollant sur un pack sans surcoût. Certains me rétorqueront que Lidl proposait peut-être déjà avant du jambon ou du saucisson made of “porc français”. Peut-être ou… peut-être pas. En fait, comme toutes les enseignes, Lidl était très probablement opportuniste (ce qui n’est pas un gros mot, juste un acte de gestion). Prenez par exemple le saucisson pré-tranché. Le pack “nâtif” indique “viande de porc origine Union Européenne”. Et comme je n’imagine pas Lidl assez idiot pour anonymiser l’origine si le porc était depuis toujours français, j’en déduis qu’il ne l’était pas systématiquement. Vous suivez ? Non ? Ben alors je change d’exemple et de paragraphe… 

Autre cas de figure le lardon (photo ci-dessous). Depuis quelques mois, j’ai remarqué un doublon dans l’offre : 2 réfs pour le nature, 2 réfs pour le fumé. Dans une enseigne qui privilégie le principe “1 besoin = 1 produit”, forcément il y a une explication… Là aussi, à chercher dans la “francisation” à marche forcée de l’enseigne. Historiquement, la gamme MDD Saint Alby (à gauche) ne garantissait pas l’origine France du porc. Il fallait donc vite rentrer un lardon “français”, ce qui fût fait. Ce sont les deux produits à droite. Preuve qu’il ne s’agit que de produits tactiques (de court terme), ils ne portent ni la MDD maison ni n’arbore une marque nationale (or l’offre Lidl est ainsi construite). J’en déduis donc que ces deux produits ne sont là que le temps d’un passage en 100 % français des lardons. Et plus généralement que Lidl doit être actuellement en train de revoir ses cahiers des charges en charcuterie, voire ses contrats d’appro. Comptez sur moi pour suivre ça. Jusque dans le détail des prix of course. 

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