Le , par
Tristes “penseurs” agricoles…

Mise en page 1 1

Que d’égards… Un “simple” post du 1er novembre qui vaut tombereau d’attaques ad hominem ! Mercredi, parce qu’il n’y a pas davantage de trêve sur le blog qu’il n’y en a dans l’élevage laitier (ben oui je sais de quoi je parle pour avoir trait plus d’une vache et plus d’une fois…!), mercredi donc, un post pour m’étonner du prix “cassé” du lait équitable imaginé par la FDSEA de la Manche : 89 centimes la brique lorsque le “prix de marché” de ce segment est 99 centimes (prix pratiqué par FaireFrance et C’est qui le patron ?). Au passage, une question, juste… fondamentale : considérant que le revenu des éleveurs est insuffisant (c’est un fait avéré), pourquoi discounter le lait équitable “Cœur de Normandy” de 10 centimes alors que le client paye presqu’un euro pour les laits concurrents, et visiblement sans difficulté, j’en veux pour preuve le succès – vanté jusqu’à l’Élysée – de C’est qui le patron ? 

Oser remettre en cause la pertinence commerciale de la démarche du syndicat majoritaire dans les campagnes… Que n’avais-je pas écrit ! Suffisamment pour que les chevaux légers de la pensée agricole se défoulent sur twitter. Me voilà “mercenaire de la grande distri [qui] profite de toutes les occasions pour casser du paysan et de la FNSEA” pour l’un. “Envoyé par Leclerc” pour casser au plus vite la démarche Cœur de Normandy pour l’autre qui, toujours prompt à se répéter de peur que la finesse de sa pensée ne soit pas appréciée à sa juste valeur croit bon de reformuler : “Face au succès de Cœur de Normandy, @Dauvers70 [mon pseudo Twitter] chercher à diviser le monde paysan comme Leclerc l’a toujours fait depuis 45 ans…”. 

A ces “penseurs”, je dois d’abord dire mon infinie gratitude. Être de facto au centre de leur attention est un honneur, bien largement supérieur à la calomnie. Chers Hervé, Olivier, Dominique (et tous les autres qui ont commenté), un grand merci donc. Et, sauf votre respect, une question… Au risque de me répéter donc, j’ai simplement envie de comprendre l’intérêt pour un éleveur financièrement mal en point (vous écrivez si souvent qu’ils le sont et j’ai l’ouverture d’esprit de vous croire) de vendre son produit 10 centimes de moins que ce qu’il pourrait en obtenir s’il ne faisait que suivre le prix de marché ? Vous voyez, ma question n’est ni belliqueuse ni même soufflée par MEL (qui ne murmure pas à mon oreille comme un maître à son docile serviteur)… 

Pour être totalement transparent, je vous ai posé directement la question hier… En guise de réponse “de fond”, j’ai obtenu de l’un le message très sibyllin suivant : “Sur le fond, je constate que toutes les occasions sont bonnes pour en mettre un coup à la FNSEA“. Sur le fond ? C’est peu… profond comme réflexion, non ? Quant à l’autre (pourtant si prolixe par ailleurs), j’attends toujours le moindre signe de vie. J’espère juste qu’il ne t’est rien arrivé… cher Olivier ;-) 

N’en déplaise donc à quelques irréductibles tristes penseurs, je maintiens la question à destination de ceux qui accepteront de s’y pencher… sur le fond. A l’heure de la trop fameuse “création de valeur” et sa conséquence sémantique “partage de valeur”, pourquoi donc faire cadeau de 10 centimes à un client qui est pourtant prêt à vous les offrir ? Hein, pourquoi ? 

CoeurdeNormandy1-BD