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Loi EGA : et si on se faisait des nœuds au cerveau…

LeclercRouffiac-BD

La semaine dernière, la DGCCRF a publié ses “lignes directrices relatives à l’encadrement des promotions” (lire ici le document en intégralité). L’occasion de se faire quelques nœuds au cerveau avec des situations “difficiles”. Premier cas de figure, totalement absent de la directive : lorsque la promo est tout à fait légale dans la lettre (puisque la remise ne dépasse pas 34 %) mais hors du cadre dans l’esprit. Comme je l’ai déjà montré, Leclerc s’est fait une spécialité de la technique (revoir ici), évidemment avec le soutien de ses fournisseurs. Ce tract du Leclerc de Rouffiac, qui démarre après-demain et déniché par AntiCrise, donne l’occasion de l’illustrer. Ici, 20 œufs Matines avec 34 % de remise, soit un prix final de 1,62 €. 8 centimes l’œuf. Imbattable. Mais trop (imbattable) pour ne pas m’interpeller. Car l’offre repose sur un prix “de départ” totalement fantaisiste : 2,45 €. Bien loin du prix réel que mes camarades d’A3 Distrib mesure avec précision ! Donc, samedi, le même produit était vendu en moyenne à 3,61 € chez Leclerc (et 3,94 € toutes enseignes). Conclusion : le véritable avantage conso dépasse bien largement les 34 % autorisés. Mais rien, en l’état, ne l’interdit. Pas même les directives de la DGCCRF. 

cora

Second cas de figure, ces promos vues vendredi dans un Cora de Reims. Dans mon carnet du samedi (SAMEDI CONSO, relire ici), je les qualifiais d’illégales puisque dépassant les 34 % de remise. Plusieurs d’entre vous m’ont repris m’incitant à lire, relire et relire encore les directives ! De fait, ils ont raison… “Les pratiques de prix présenté comme avantageux pour le consommateur sans annonces de réductions de prix chiffrées mais avec des annonces littéraires du type “prix choc” ou “prix bas” ne sont pas incluses dans le champ d’application de l’encadrement“, écrit la DGCCRF. Première conclusion : ces offres sont… légales. Seconde conclusion : hormis le respect du SRP, rien n’empêcherait donc d’Intermarché de remettre le couvert comme je l’ai imaginé ci-dessous !!! Et pour dire le fond de ma pensée : si en plus la DGCCRF s’empatouille toute seule entre l’esprit et la lettre de la loi, les enseignes sont donc bien fondées à en jouer elles-aussi. 

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