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SAMEDI CONSO : mon carnet (retail mais pas que…) de la semaine

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SAMEDI CONSO : l’occasion de revenir sur la semaine, en totale liberté comme toujours… Et tant pis si ça pique !

 

SAMEDI

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Dans le Nord pour clôturer la tournée (« 13 ») d’un p’tit groupe qui monte et… visiter quelques magasins (je dis ça pour me prémunir de tout soupçon d’abus de bien social de la part de l’administration fiscale le moment venu !). Premier stop : Les Partisans du Goût. L’enseigne (qui appartient à Auchan) vient d’ouvrir son second magasin, à Englos. Comme le premier (à Marquette), c’est un véritable « temple de la bouffe » et surtout l’illustration de trois tendances qui structurent actuellement le retail : la prémiumisation de l’offre, la fragmentation de la consommation avec des clients qui multiplient les lieux d’achat et enfin le fait sur place… Ici, 25 % du chiffre d’affaires sont issus de produits préparés dans le magasin (bientôt en vidéo).

 

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La prémiumisation (chez Partisans du Goût) en une image. Une seule. Le jambon Noir de Bigorre, plus de 110 €/kg. Et encore… A multiplier par deux si vous laissez le gras dans l’assiette !

 

PartisansEnglos 

Le local, c’est d’un banal désormais. Ici, c’est « l’ultra-local ». Les fournisseurs ne sont pas de la région, ni même du département. Non-non, ce sont les voisins. L’étape d’après ? La serre sur le toit du magasin.

 

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Direction le Partisans du Goût historique, à Marquette. 20 personnes qui patientent à la boucherie. Je comprends mieux pourquoi l’enseigne a ouvert un second point de vente aussi proche (une dizaine de minutes entre les deux).

 

AuchanBio 

A 200 mètres de là et à la même heure. Auchan Bio. Le magasin est dans la liste des 21 sites à fermer ou à céder. Visiblement, les clients l’ont déjà acté. A 16h un samedi après-midi, on est 10 dans le magasin. Et encore je compte… les deux employés.

 

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Leclerc Wattrelos. L’hyper a été récemment refait du sol au plafond, redonnant au bâtiment son lustre d’antan, lorsqu’il était une usine textile avec son indispensable chapelle. La chapelle est désormais rayon boucherie où règne… le saint es-prix.

  

DIMANCHE

BonneMaman 

Dans le Nord, un Auchan parmi tant d’autres ouverts à l’heure où le Saint Esprit (le vrai) attend ses fidèles. Enième illustration de l’hypocrisie qui règne sur la générosité promotionnelle. A droite, 4 pots de riz au lait Bonne Maman pour 1,87 €. A gauche, les 8 pots pour une vingtaine de centimes en plus. Non, rien…

 

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Rayon ultra-frais. La marque est explicite, surtout à l’heure où le client raffole de produits ultra-frais : « juste pressé ». La DLUO à présent ? 12 août. Soit dans plus de 6 semaines. Ca relativise l’engagement de fraîcheur. Et interroge sur la « sincérité » (et la crédibilité) de la promesse de marque alors que les machines à jus se banalisent désormais.

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La zone promo. Et une originale réponse au nouveau contexte promo post-EGA. 12 Budweiser offertes pour l’achat de 24 Leffe (soit 2 + 1). Légal mais risqué pour la valeur de marque « Bud » qui, de fait, ne vaut… rien.

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La zone promo (re). Caramba, un journaliste concurrent qui lui aussi chronique sa semaine ?

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LUNDI

AuchanTract 

Un tract Auchan. Au menu, les saveurs du monde. Pour illustrer les saveurs d’Amérique du Sud, Lisa, « fidèle cliente Auchan » et dont la vertu ici est aussi d’être suffisamment « typée » (putain, dans quoi je m’embarque…) pour légitimer la démarche de l’enseigne. Pour les saveurs indiennes, voici donc qui s’avance Emy, elle aussi « fidèle cliente Auchan » et plutôt raccord avec le sujet. Pour l’Afrique du Nord, Samira, toujours aussi fidèle et légitime pour partager ses secrets de semoule ! Pour l’Asie en revanche, rien, nada, que nenni. A peine un mot du « traiteur Auchan ». De deux choses l’une : ou Auchan n’a pas de cliente asiatique fidèle (quand même !) où l’enseigne a subitement compris que tant d’adéquation entre ses clientes et les sujets devenait suspect.

 

MARDI

 

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Cérémonie de plantation du premier arbre du Lidl d’Osny. Je revendique certes d’être le journaliste le plus mobile du retail (et donc un peu insaisissable / comprenne qui pourra) mais y’a des limites quand même. Je peux pas être partout non plus ! Tant pis pour la cérémonie du premier abre du Lidl d’Osny. C’est à regret que je décline…

 

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Richard Girardot, président de l’Ania, sort sa plume. Cette fois-ci pour dénoncer le foodbashing dont il estime l’industrie agroalimentaire victime. Donc après Christiane Lambert (FNSEA) qui condamne l’agribashing, Jacques Creyssel (FCD) le distribashing, voici le troisième larron, Richard Girardot, et son foodbashing. Et si ces trois là commençait pas cesser leur propre bashing et… s’aimer les uns les autres… Je sais, je rêve.

 

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Dans la boîte-aux-lettres. Une « lettre ouverte à la direction internationale Auchan », revendiquée par un manager local, chroniquant les difficultés (euphémisme si j’en juge par son vocabulaire) du fleuron de la maison, La Cloche d’Or au Luxembourg. Comme je ne suis pas le seul destinataire, je l’évoque. L’expéditeur ? Je ne sais qui. Ni ne peux confirmer ou infirmer les écrits. J’en déduis juste que si Auchan a d’indéniables difficultés commerciales, le groupe a aussi des difficultés managériales. Et que le nouveau tandem Edgar Bonte / Jean-Denis Deweine doit l’intégrer pour « remettre la boite dans le sens de la marche ». Car, et au-delà de cet exemple, les signaux sont actuellement trop nombreux. Jusque dans les départs récents à bon niveau. Et ça, c’est pas une missive anonyme, c’est mon p’tit doigt qui me le dit.

 

MERCREDI

 

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Démarrage des soldes. L’un de vous me suggère de m’intéresser aux soldes La Redoute et plus particulièrement aux polos Fred Pery sur La Redoute. Non que je voue une passion sans limite à la tenue (loin de là…, #chemise7/7 !) mais parce que les soldes y sont un modèle du genre. En home page, 60 % annoncés. Comme toujours, la réalité est moins flatteuse. Ici, au mieux, c’est 30 % de remise. Au pire 2 %. Y-a-quelqu’un qui pense client ?

La Redoute

 

Un hyper Carrefour en région parisienne. Ou quand une photo dit bien plus que des mots. Carrefour abandonne le marché des bijoux en une image.

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JEUDI

 

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Campagne de publicité comparative de Carrefour dans le métro parisien. Un panier (petit quand même le panier, 24 produits) et des enseignes concurrentes à la rue (Monoprix, Auchan Direct, Houra). Classique. Très classique. Tiens, un absent, Leclerc. La morale ? A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Paraît que dans les temps jadis, Alexandre (Le Grand) le rappelait tous les jours à ses troupes. Non, rien.

 

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Matinée consacrée à la restitution des recommandations 2019 du Think Tank Agri/Agro que je dirige depuis l’origine il y a 5 ans. Outre la présentation d’ensemble des travaux, je mets sans surprise l’accent sur l’affichage de l’origine. Toutes les origines… Quand la matière première est française mais aussi quand… elle ne l’est pas ! Et parce qu’il s’agit de convictions solidement établies (seule la modification in fine de la demande du consommateur peut participer à la sauvegarde de l’agriculture française), je préviens de l’estrade ceux parmi les institutions / organisations professionnelles qui n’ont pas daigné se déplacer… « Ca commence par A, ça finit par un A ». Richard…

  

VENDREDI

 

Twitter 

Tweet-battle entre MEL et Alexandre Bompard sur mon fil twitter (@Dauvers70). Le point de départ ? La publicité Carrefour dans le métro et l’absence de Leclerc dans le panel des enseignes étudiées. MEL : « C’est aussi une forme de résignation que de courrir en deuxième division quand la première est hors d’atteinte ». Quelques minutes plus tard, Alexandre Bompard, plus littéraire que footeux (donc à… contre-pied !) : « La chose plus dangereuse que l’ignorance est l’arrogance. Malheureusement, cela va souvent de pair, disait joliment Einstein. PS : il fait très chaud certes mais courir ». Un « passing » au millimètre, façon Federer. Réponse amusée de MEL : « Bravo Alexandre, je vois que tu es dans la course ». Les patrons (du retail) sont donc des twittos comme les autres. Et, ça, c’est… rafraîchissant !

 

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Montparnasse. Les soldes n’ont démarré que depuis deux jours mais le niveau de remise promis en dit long sur l’état du commerce. Ici, chez Camaieu : – 60 %. Faut dire que, comme me l’a si souvent répété ma grand-mère, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre.

 

 

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Plus loin à Montparnasse. En apparence, Kaporal offre moins : – 40 %. Mais promet « sur tout ». Et surtout sans les fameuses petites lignes excluantes. Tentant. Mais, voilà, même si l’enseigne ne met aucune exception dans son affichage vitrine, « c’est – 40 % sur tout, sauf les articles avec un point rouge », m’explique l’air contrit un vendeur. Carton… rouge ! Ce à quoi ma grand-mère, toujours imagée mais peu familière, m’aurait lancé un « toi, tu t’es fait empapaouter ». Et sans être prévenu, ça fait mal.