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Carrefour France : pourquoi “Rami” va réussir…

Carrefour Rami

Oui, le titre de ce post est un brin direct. Mais il reflète fidèlement le fond de ma pensée. Et comme  je n’ai pas l’habitude de la cacher… Depuis son arrivée – et parce que j’avais déjà eu l’occasion de partager avec lui quelques convictions sur le commerce –, je considère que Rami Baitiéh, DG de Carrefour France, prend le sujet par le bon bout, voire le seul : le client. Je me suis suffisamment moqué, parfois avec acidité, du Penser-Client version Carrefour, pour ne pas m’enthousiasmer alors que débarque un patron qui considère qu’avant d’imaginer l’hyper de 2030 il est utile de remettre une affiche à sa place sur la TG épicerie sucrée du Carrefour d’Aulnoy-lez-Valenciennes. Pourquoi ? Parce que le détail est bien l’essentiel. 

En menant tambour battant cette révolution culturelle, “Rami” ne peut que réussir, au moins à relancer les ventes à magasins comparables (les “like-for-like” dans le jargon des financiers, lesquels ne regardent que ça ou presque). Inculquer le Penser-Client aux équipes revient à limiter les “irritants”, ces détails qui ont toujours la même conséquence : limiter la transformation d’une intention d’achat en acte d’achat. Car il manque un prix, une info, parce que la tablette est sale, parce qu’une promo n’est pas indiquée, etc. Tous ces millions de gestes quotidiens des dizaines de milliers de salariés Carrefour qui font que, sur le parcours des clients, s’amoncellent (ou non) des irritants. 

En prenant aussi ouvertement le parti du client, au besoin en le surjouant parfois en interne, “Rami” ne dit qu’une chose : seul ce que voit ou vit le client compte. Pour avoir le plus mauvais bilan carbone des journalistes qui suivent le retail, je peux témoigner que l’idée fait son chemin sur le terrain. Bien sûr, il faudra des mois, peut-être des années, pour aligner l’ensemble des Carrefouriens mais – suivez mon raisonnement – dès lors qu’une part des équipes comprend l’effet de ces irritants et agit en conséquence, leur nombre baisse mécaniquement. Et, aussi sûrement que 1 et 1 font 2, faire disparaître même partiellement les irritants qui empêchaient qu’une intention d’achat devienne un acte d’achat, revient à améliorer les ventes en comparable. Voilà pourquoi je prends le pari qu’il ne faudra guère attendre (un trimestre, deux maximum) pour que Carrefour (re)publie des ventes en progression en hypers. Et comme, dans le même temps, “Rami” a engagé une réorganisation du travail en hypers (le projet “Top” dont j’ai révélé hier sur mon fil Twitter son extension) avec un double bénéfice d’un accroissement de la productivité ET d’une baisse des stocks alimentaires, possible aussi que le compte d’exploitation redevienne plus présentable. 

 

NB : en ai-je pour autant profité pour ramasser à vil prix des actions Carrefour en bourse comme certains pourraient le suspecter, y voyant même peut-être manipulation dans cette prédiction de retour à meilleure fortune ? C’est mal me connaître. Je n’ai qu’une action Carrefour, juste pour être bien certain d’être invité à l’assemblée générale. Pour le reste, que des actions Dauvers dont la valeur n’a d’égal que la liberté d’écrire en bien ou en moins bien sur les enseignes ;-)