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[ EXCLU ] 60 ans d’Auchan : ce qu’ont dit Alexandre et Gérard Mulliez…

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Pour le centenaire d’Auchan, j’aurai 75 ans, c’est toujours 15 ans de moins que le monsieur qui vient de danser sur scène !“. Celui qui aura 75 ans en 2061 ? Alexandre Mulliez, vice-président d’Auchan France. Et celui qui dansait sur scène ? Gérard Mulliez, nonagénaire depuis quelques semaines, c’était le 13 mai. L’image résume bien le live d’une heure et demi, depuis les réserves du premier hyper de l’enseigne à Roncq, et diffusé sur youtube cet après-midi (et auquel j’ai pu assister). L’occasion de revenir sur l’histoire, de présenter la nouvelle posture de l’enseigne (« Avec plaisir ») ou de lancer officiellement le CFE (la plateforme de formation et de partage de best-practices, censée illustrer le concept “d’entreprise apprenante”, déjà initiée en… 1996). 

Plus généralement, il y avait, derrière cette cérémonie 2.0, la volonté encore et encore de remettre l’enseigne sur les rails (le nombre de fois où l’imparfait a été utilisé démontre qu’elle n’y est plus) et de confier plus que jamais la conduite du train à Alexandre Mulliez, tout en appelant à l’ADN initial. L’antienne “vendre de plus en plus d’articles de moins en moins cher à de plus en plus de clients” est même revenue à plusieurs reprises, c’est dire ! Le partage de l’avoir, du savoir et du pouvoir aussi. Bref, pas de surprise du côté des racines. Pas davantage du côté du discours Alexandre Mulliez (pour ceux qui ont déja vu les “live” de janvier et mai, ici) mais, cette fois-ci, une intéressante hiérarchisation : “C’est parce que nous avons une utilité sociale que nous gagnons de l’argent“. Une manière de mettre l’objectif là où il doit être. Et le petit-fils de reprendre à son compte la vision du “discount social”, souvent évoquée par Gérard Mulliez et, plus anciennement encore, par son mentor Édouard Leclerc. Le client est logiquement arrivé rapidement : “Il doit devenir notre priorité, avant les résultats financiers“. En clair : le commerce avant la marge. Enfin… Pas sûr d’ailleurs que la vision irrigue encore suffisamment l’ensemble de la pyramide mais donnons crédit à Alexandre Mulliez l’envie de convaincre. Comment ? Via “la chasse aux irritants”. “Si chacun d’entre-vous améliore chaque jour un point de détail ou enlève un irritant pour le client, alors tout ira bien“. D’évidence Alexandre Mulliez a bien regardé le sujet Carrefour et… a mille fois raison (relire ici). Reste désormais à mettre en musique et, surtout, à être suivi dans l’ambition : “l’exigence et l’excellence sur chaque détail“. Le commerce quoi. 

Et c’est là qu’arrive Gérard Mulliez, incontrôlable évidemment, parce que ça n’est pas à 90 ans que l’on change un homme sur scène… Passé le rappel historique (les 4 années “sans couvrir les frais“), le voilà parti dans l’éloge du petit-fils sur l’air “ayez confiance”. Les qualificatifs s’enchaînent : agile, curieux, travailleur, etc. N’en jetez plus. Si, juste une encore : la description faite par Gérard Mulliez de la visite d’Alexandre chez Amazon Go à New-York. Lisez et imaginez, ça valait son pesant de cacahuètes… “Il est curieux de tout, il est même allé voir à New-York je crois, je-ne-sais-plus quel magasin où il y a même plus de caisses, où les clients prennent leurs produits et puis c’est photographié, c’est cinéasté, et puis on sort sans avoir à payer, la carte de crédit est débitée, sans rien à faire, extraordinaire“. Si quelqu’un peut transmettre à Jeff Bezos… 

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