
Nouvelle journée de crise agricole, avec les tracteurs dans Paris. Et sans autre prétention que de participer au débat public sur le sujet (avec quand même un bon background), j’ai résumé ma pensée autour de trois propositions que je présente ce soir sur BFM (20h30). Trois propositions avec comme contrainte qu’elles soient non coûteuses en argent public. Juste coûteuse en volonté politique…
1/ Affichage systématique de l’origine
Vous connaissez mon combat sur le sujet. Il ne s’éteindra qu’avec moi ! Il n’y a pas aujourd’hui de réelle transparence sur l’origine, alors que c’est une manière de permettre à chaque consommateur de faire ce qu’il veut/ce qu’il peut en toute connaissance de cause. Et qu’en affichant plus clairement l’origine, on apporte une “compétitivité hors-coût” qui, pour certains consommateurs, pourra contre-balancer la compétitivité coût. Bref, modifier leur comportement.
Cette transparence de l’origine est aujourd’hui soit absente soit très largement insuffisante… Exemple : aujourd’hui dans un hyper (peu importe le lieu, il se reconnaîtra) du poulet roumain (écrit en micro-caractères) sous la marque (de l’abattoir roumain) Cocorico, en caractères 10 fois plus impactants. De qui se moque-t-on ?
Reste à savoir comment imposer cette transparence, alors que l’Europe nous en empêche. À défaut de “hard-law” (la loi), place à la “soft-law” (l’engagement volontaire sous contrainte politique). J’imagine bien la Ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, et Serge Papin, en charge de la consommation, face à toute la filière alimentaire, réunie dans une même salle, avec un discours simple : “Engagez-vous sur Origin’Info. Si tel n’est pas le cas, nous pointerons les récalcitrants“. Pas d’entente, pas de loi, juste du poids (et de la volonté) politique.
2/ Application stricte des clauses miroirs (et charge de la preuve à l’importateur)
La concurrence internationale doit être équitable. Elle ne l’est pas aujourd’hui sur les conditions de production. La ministre de l’Agriculture a eu mille fois raisons “d’ouvrir” une liste de produits interdits d’importation. Filière par filière, il faut compléter cette liste et imposer la charge de la preuve à l’acteur qui importe. Et au moindre écart (de sincérité sur l’analyse, par exemple sur les produits phytos), sanction implacable.
Exemple : je lis ça et là que les tomates marocaines à prix imbattables seraient traitées avec un produit interdit en France. A dire vrai, je ne le sais avec précision, faute d’avoir fait des analyses. Donc, concrètement, on analyse, on tranche.
3/ Simplification MAJEURE des créations / modernisations des capacités agricoles
Les rayons œufs vides le rappellent : les capacités agricoles françaises sont entravées. Réglementation, sur-transposition, la ferme France est en retard : dans ses capacités de production sur certaines filières (c’est la raison pour laquelle il est parfois nécessaire d’importer des œufs ou de la volaille de chair) et dans l’efficience de ses outils où toute “modernisation” basée sur l’effet d’échelle (en clair l’accroissement des capacités pour écraser les coûts et améliorer la compétitivité) est empêchée.
Point commun à ces trois propositions. Elles ne sont coûteuses qu’en volonté politique. Pas en argent public.



