
Serge Papin, le ministre du commerce (et du pouvoir d’achat, ce qui a son importance pour la suite), a dressé ce soir le bilan des négociations commerciales 2026. À l’écouter, donc, une inflation contenue : de 0 à 1 %. “Dans les rayons des grandes surfaces, nous verrons des prix maîtrisés“, affirme-t-il. Ça tombe bien, a minima pour sa mission (gouvernementale) de défenseur du pouvoir d’achat. Hors exception sur quelques catégories de produits, il n’y aura donc pas d’inflation (et en tous les cas moins que l’évolution attendue des salaires sur l’année, ce qui signifie un… gain de pouvoir d’achat !).
Reste que (et c’est le paradoxe du bilan des négos qu’il pose) le niveau de tension n’a pas baissé entre enseignes et fournisseurs. Pour être cash (ce que Serge Papin ne peut être sur le sujet), la charte signée le 30 novembre n’a servi à rien. Ou alors on n’ose imaginer ce qu’il en aurait été sans… Tout converge : une fois de plus, ça a été dur. Y compris dans les comportements.
Voilà pourquoi Serge Papin ouvre en creux un énième débat sur le ré-équilibrage des relations commerciales : “Plutôt que de mettre la poussière sous le tapis jusqu’à décembre prochain et l’ouverture d’une nouvelle « foire d’empoigne », réfléchissons ensemble : comment créer de nouvelles conditions de négociations propices à nos filières ?“. En clair : s’annonce un nouvel toilettage réglementaire.
Bon courage Serge… ! Car, à date, il y a une forme de… normalité à l’agressivité dans les négos. Dès lors que les tarifs sont négociables (et ont un effet sur le PVC en rayon), chaque acheteur vit avec la crainte d’être dépositionné. Une crainte… létale tant le prix est le cœur de la préférence des clients aujourd’hui. En caricaturant à peine, un acheteur normalement constitué se sent en danger de mort pendant les négos. Et se comporte comme tel. Prêt à tout. Dans les demandes comme dans le comportement (j’insiste sur le sujet, mais j’ai vraiment trop de remontées…). De là à regretter l’ère Galland où se négociaient que les à-côtés du prix (avec effet faible sur le PVC), il n’y a qu’un pas que franchiront évidemment certains. L’avantage ? Serge Papin a connu la loi Galland et ses travers ! Et si finalement la chance des deux parties (industriels et commerçants) était d’avoir un ministre technicien sur le sujet… ? Pour trouver l’impossible équilibre ? C’est en tous les cas le défi que s’est lancé Serge Papin. Avec – et c’est légitime – sans doute l’ambition de marquer le ministère de son passage…



