
Bientôt une semaine de polémiques depuis la sortie du rapport sénatorial sur les marges dans la filière alimentaire. Et comme j’ai la conviction qu’on ne rapprochera pas les points de vue sur le diagnostic, essayons d’imaginer comment servir la cause agricole et la part trop faible dans nos assiettes qui revient aux agriculteurs français. A date 8 %. Une part de l’explication réside dans les importations puisque, par principe, quand je commande un steak haché dans un snack et qu’il est d’origine Allemagne ou Pays-Bas par exemple, la part dans mon assiette dévolue aux agriculteurs est de… zéro. Idem quand j’achète des nuggets de poulet polonais dans mon supermarché.
Voilà pourquoi je propose un amendement, peut-être iconoclaste, mais qui pourrait rassembler tous ceux qui, dans la filière alimentaire, ont le souci de la part qui revient aux agriculteurs. Il s’agirait concrètement que chaque acteur de la filière établisse annuellement une déclaration en valeur (en % de ses achats donc) sur l’origine de leurs ingrédients agricoles. Déclaration (sur l’honneur) ainsi libellée : France X %, UE (hors France) : Y %, Hors UE : Z %. Ça serait évidemment valable pour les marques, les marques de distributeurs mais également pour la restauration. Et qu’il ne soit pas répondu que ces informations n’existent pas. La traçabilité est une obligation. Et je prends le pari que la publicité faite à cette déclaration pourra devenir un puissant levier d’amélioration par l’émulation. Chiche ?
Question simple donc : les enseignes, les industriels, les observateurs et bien sûr les politiques pourraient-ils se retrouver sur cette ambition ?



