
Dans l’histoire du retail, Casino laissera une trace extraordinaire, au sens premier du terme : avoir laissé s’enfoncer des hypers au-delà de tous les ratios connus… Une zone où quiconque a quelques notions de commerce pensait tout simplement impossible d’aller : en deçà de 3 000 € de CA par mètre carré. Intenable, surtout quand les loyers (également hérités de l’époque Casino) sont parfois à deux chiffres. Oui oui, à deux chiffres !
Sur la foi d’une étude exclusive à paraître dans le prochain VIGIE GRANDE CONSO (infos ici), Auchan exploite 7 de ces “canards boiteux” à moins de 3 000 € du mètre. Des magasins auquel il est difficile d’imaginer un avenir. Et, pour certains, que j’ai choisi de visiter. Pour “voir de mes yeux”… Et, au passage, appréhender depuis le carrelage ce que vivent les équipes. Étape 3 (après Montélimar et Valence) : Troyes-Barberey (10).
A Troyes, le site Auchan a un vieil historique. Ouvert en 1969 sous l’enseigne Mammouth (l’un des premiers), il deviendra ensuite Géant Casino dans les années 1990. En 2019, Casino tente une première fois de s’en dessaisir, au profit de Leclerc. L’Autorité de la Concurrence l’empêchera, jusqu’à la reprise en 2024 par Auchan, absent de la métropole troyennes. L’hyper est alors au fond du trou. L’équivalent annuel d’à peine 10 M€ sur 8 000 m2. En 2025, les ventes “s’envolent” : + 60 %. Mais, comme à Valence, l’année 2 marque (déjà) la fin de la croissance. Dit autrement : les clients les plus proches sont revenus, les autres ont pris d’autres habitudes (notamment chez Leclerc, environ 120 M€ de CA…). Depuis le début de l’année, Auchan Troyes recule même de 2 %. Hier, jour de mon passage, 45 K€ ont été encaissés. Comme à Montélimar et Valence, évidemment trop peu pour dessiner un avenir. Pourtant (et j’ai ressenti une forme “d’injustice commerciale” en le visitant), voilà un hyper tenu. Un hyper que les clients ont certes abandonné mais qui n’est pas à l’abandon.






















