
Les deux sénatrices Antoinette Guhl et Anne-Catherine Loisier ont remis ce matin leur rapport suite à leur commission d’enquête au long cours (190 personnes auditionnées, 73 auditions) sur les marges de l’industrie et de la distribution. Et c’est du brutal. En substance, les deux sénatrices se disent effarées par les pratiques de captation de la marge mises en place par la grande distribution. Et ne cachent pas leurs doutes quant à l’efficience, pour les consommateurs, de la guerre des prix. Elles sortent donc le bazooka !
En découlent 24 propositions plus ou moins opérationnelles et réalistes visant à renforcer la transparence et, in fine, à rééquilibrer les relations pour garantir qu’une plus grande partie de la valeur ajoutée remonte jusqu’au stade agricole. C’est, en tout cas, l’intention.
Je vous en propose ma sélection, arbitraire :
– Rendre publics chaque année l’évolution des prix de vente vs les prix d’achat « sortie de négo », ainsi que le montant des marges arrière et les flux financiers entre les centrales de services et leurs donneurs d’ordre ;
– Obliger les indépendants à publier des comptes agrégés ;
– Rendre obligatoire l’affichage des marges sur les produits non transformés ;
– Exclure des centrales européennes les négos des produits intégrant 80 % ou plus de matière première agricole française.
La suite ? C’est encore flou. Certaines dispositions pourraient être intégrées dans la loi d’urgence agricole en cours de discussion à l’assemblée. Surtout, les sénatrices voudraient voir les distributeurs “changer de logiciel” pour ne pas (encore) avoir à en passer par la loi (tout en appelant la DGCCRF à se mobiliser davantage…). Utopiste ? C’est à craindre…
Au final, le rapport des sénatrices laisse de façon confuse le sentiment qu’on passe à côté de l’objectif. Moraliser les pratiques ? C’est louable et souhaitable. Permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail et aux industriels d’investir ? C’est indispensable. Mais donner à penser que la grande distribution se remplit les poches sur le dos de l’amont et qu’il suffirait de mieux répartir cette supposée manne en modifiant les rapports de force relève d’un raisonnement simpliste. Je ne vois d’ailleurs pas grand-chose dans les propositions formulées qui garantirait une quelconque remontée des marges en amont sans pénaliser les PVC.
Pour consulter les 24 propositions et le résumé du rapport c’est ici.




Est ce que les Sénatrices ont pris le temps de relire les 24 propositions de l’ILEC avant des les publier dans leur rapport
Très hypocrite et à côté de la plaque comme toujours les politiques…
Dans ce cas, je voudrais qu’on affiche a marge d’Epson sur les cartouches AVANT l’achat par la grande distributon, qu’on voit bien la différence entre les 60€ du pack de cartouches et le coût de production d’environ 2 à 3€.
Dans ce cas je voudrais aussi que la pizzéria du coin affiche sa très grosse marge sur sa pizza à 17€ qui lui revient à moins de 2€, etc…
Et aussi tant qu’on y est, la marge entre la qualité réelle du travail d’un sénateur et ce qu’il nous coute réellement.
Et j’ai même envie d’aller plus loin, dans cette marge combien va dans la poche de l’état.
Bonjour alex; Tu as TOTALEMENT RAISON! C’est quoi cet état qui veut tout légiférer?! Et qui lance à la vindicte publique des rapports complètement délirants!?
On voit que nos politiques sont en décalage absolu du monde économique… ! Il suffit de lire les bilans de la distribution , des fermetures de magasin , des charges , des frais de personnel…et on voudrait bientôt imposer des taux de marge?..
Qu’on expose en CLAIR à nos concitoyens , le prix de revient d’un produit agricole , le prix acheté par l’industriel , le prix revendu à la distribution et le prix final…. Et avec les taux de charges de chacun dans la chaîne…
Prenons les bilans 15 premiers industriels agroalimentaires , les 15 enseignes de grande distribution ; marges, charges , résultat net?..
allez chiche?
Toujours a charge contre la GD.
Les commerçant ont des résultats nets inférieurs à 2% alors que la plupart des industriels sont à plus de 10%… Cherchez l’erreur !
STOP.
Décidément ça ne les lâche pas.
Avant d’instituer de nouvelles réglementations, elles feraient mieux de s’interroger ce qu’il faut supprimer pour rendre de l’oxygène à l’économie.
… et puis on ne peut s’empêcher de voir le délire du commerçant malhonnête ( « le commerce c’est le vol ») et au passage on peut aussi se payer les juifs.
STOP
Bonjour,
Un magasin est composé d’un ensemble de rayons ou d’activités, qui sont, tous, à des degrés différents, dotés de marges différentes, l’ensemble de ces activités donne une marge globale, de fonctionnement au-dit point de vente, au sein de celui-ci, la perte (bah oui ça existe…) les charges dont celles du personnel et les charges de structures, viennent drastiquement amoindrir cette marge.
Il est donc à-priori complétement absurde de vouloir rendre public la marge par produit, car celle ci au global, résulte d’un ensemble qui peut être bien différent selon les magasins.
Une fois de plus nos politiques démontrent leur incapacité à comprendre un compte d’exploitation (ce qui peut être inquiétant pour les comptes de la nation) mais de plus font de leur cheval de bataille, la recherche d’un bouc-émissaire bien pratique : la distribution.
Sans aucune connaissance de l’importance du secteur, qui représentait jusqu’à peu la seconde distribution au monde, avec un nombre conséquent de salariés et surtout une vitrine de l’agro-alimentaire français exposée vers la terre entière, même si à ce jour, elle subit, elle aussi des retraits de magasins par pays.
Bref, pour être présent, à une époque pas si lointaine dans des bureaux de dirigeants de la distribution; il est courant de prendre la distribution comme une vache à lait, à laquelle on peut demander n’importe quoi ( et texto, un rond point pour votre agrandissement, ou mieux ce soir j’ai un repas, ce serait bien que vous me fournissiez les denrées et les boissons) c’est du vécu…
Faut-il encore subir l’ignorance et la facilité de la vindicte sans dire un seul mot, car nous sommes, nous, responsables de nos exploitations et de notre personnel à qui l’on doit une activité pérenne et permanente ?
Faut-il aussi se permettre de mettre en avant une notion de résultat auprès de nos élus, dans leurs actions et dans leur participation à l’effort de redressement du pays et de l’amoindrissement de la dette ?
Ces questions se posent également…
Bref il est temps de montrer les dents sinon on va finir chêvre.
Mes salutations à tous.