
Citeo a fait ce matin le bilan après un an du test ReUse. Et comme prévu, les résultats sont pour l’heure modestes. Beaucoup trop modestes. À peine plus de 500 000 produits vendus (donc de l’ordre de 1,5 M€ de CA réalisé) à l’échelle des 4 régions concernées. Autant dire une goutte d’eau.
Au-delà de l’optimisme bon teint des promoteurs de la démarche, il faut dire les choses. La mobilisation des industriels comme des distributeurs n’est pas au niveau attendu et la montée en puissance non plus. Il n’y a encore que 360 magasins officiellement embarqués, moitié moins que l’objectif annoncé.
Si six enseignes sont officiellement impliquées, c’est clairement Coopérative U qui a le plus mouillé le maillot et essuyé les plâtres de l’expérimentation. Avec 296 000 unités, les U ont réalisé près de 60 % des ventes à eux seuls. C’est dire. Parti plus tard, Carrefour monte en puissance. Monoprix est présent (mais pèse peu). Leclerc et Intermarché « bricolent » au gré de l’implication locale des magasins. Les autres sont aux abonnés absents.
Au-delà des ventes anecdotiques, le taux de retour de 24 % des emballages réemployables reste largement perfectible aussi. Signe que le message ne passe qu’imparfaitement auprès des clients. Ces résultats poussifs font toucher du doigt toute la lourdeur de la machinerie à mettre en place pour réinscrire la consigne dans les habitudes quotidiennes des Français. Et la nécessité d’une démarche collective. C’est bien le mérite de ReUse.
Mais il y a une bonne nouvelle. Le dispositif fonctionne quand toutes les pièces du puzzle sont réunies : une offre riche et bien balisée (50 références chez les meilleurs), des prix raisonnables, un RVM visible et accessible. Alors il va être temps de se bouger un peu, car le passage au réemploi n’est pas une option.



