
Carrefour vient de présenter pour le premier semestre 2026 une situation financière plus profitable que l’an dernier à la même époque. Le résultat opérationnel courant, en particulier, atteint 1,9 % du chiffre d’affaires, soit un taux de marge en progression de 0,4 point.
L’explication ? D’abord la cession des activités en Italie et en Roumanie. Par rapport au CA publié il y a un an, les ventes du S1 2026 sont en recul de 5,9 % (une baisse qui n’apparaît pas dans les comptes, puisque les règles de présentation s’accordent sur la suppression des activités abandonnées dans les données “historiques”). Carrefour continue de se recentrer progressivement sur ses trois “pays cœur”, France, Espagne, Brésil, en cédant ses filiales moins rentables. Logique, donc, de voir les marges s’améliorer.
Autre événement “macro” qui a marqué le semestre : la guerre en Iran et l’inflation record des prix du carburant. Ce contexte met l’ensemble de la conso sous tension, mais comme une grande part des achats de carburant est contrainte, l’effet final est largement positif. Les ventes de carburant contribuent à elles seules à + 1,3 point de croissance sur le CA total du groupe, et même + 2,4 pts à l’échelle de la France !
Dans le détail des pays, justement, la dynamique des ventes en France, à magasins comparables et hors essence, ralentit un peu au deuxième trimestre mais reste positive : + 1,0 % au T2 après + 1,4 % au T1. Même si, en réalité, la croissance repose beaucoup sur les ex-Cora et Match, qui ont mis du temps à redémarrer et qui rattrapent aujourd’hui leur retard.
Au deuxième trimestre 2026, ainsi, les ex-Cora enregistrent 5,0 % de croissance en comparable, alors que les hypers Carrefour historiques sont symboliquement juste en dessous de zéro. Du côté des supermarchés, Match est à + 3,6 % quand Market se contente de + 0,7 %.
En Espagne également, le tempo ralentit mais demeure appréciable : + 3,1 % au T1, + 2,2 % au T2 (à magasins comparables). Quant au Brésil, 3e “pays cœur” du groupe, il renoue avec la croissance comparable au T2 (+ 0,4 %), quand le T1 était à – 0,8 %.
S’agissant enfin des pays “périphériques”, Carrefour arrête de perdre des parts de marché en Belgique, s’enfonce en Pologne où le marché est “fortement concurrentiel” et doit composer en Argentine avec une forte inflation et une consommation sous pression.





