Articles taggés caisses automatiques

Leclerc passe à l’automate

LeclercGaillac1BDLes caisses automatiques… Voilà bien un sujet sur lequel Leclerc n’a que très rarement pris la parole si ce n’est pour laisser à ses concurrents le soin de défricher un terrain socialement très glissant. Rester à l’écart, soit. Mais en retard ? Plus difficile à admettre. Et, de fait, ça et là, quelques caisses automatiques apparaissent dans le réseau. J’en ai aperçues il y a quelques jours à Schiltigheim, en Alsace (un ancien Rond Point de la Coop d’Alsace). Bis repetita aujourd’hui à Gaillac, dans le Tarn. Le Leclerc local (un très très bon Leclerc soit dit en passant) est passé à l’automate visiblement sans scrupule. Outre les caisses paniers (4 unités), l’hypermarché a déployé 4 caisses chariots – sur le modèle de celles qui équipent l’Intermarché de Rennes Longchamps –, encore très rares en France.

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D’une taxe sur les caisses automatiques…

VéroCaissesL’émission Service Public sur France la semaine dernière, à laquelle j’ai participée, m’a valu un certain nombre de réactions de « bons contacts » dans la distribution (comme j’aime à les qualifier pour m’émanciper du caractère forcément « off » de nos conversations). « C’est gonflé d’évoquer une taxe sur les caisses automatiques », remarque l’un. « Pensez-vous vraiment qu’il faille souffler ce genre d’idée à ceux qui nous gouvernent », me dit un autre.

Rappel des faits et de quelques vues sur le sujet. La « libre-servicisation » est une tendance structurante – et ancienne – du commerce. L’objectif étant de transférer un maximum de tâches au consommateur pour abaisser le coût-outil des magasins tout en apportant ce qui peut être perçu – paradoxalement sans doute ! – comme un service. Le relatif échec du premier hyper presque entièrement automatisé (voir Tribune Grande Conso ci-dessous), l’Intermarché de Rennes, ne remet en rien en question la lame de fond à venir. Il pose juste le problème de la méthode. Les SCO (pour self check-out) vont donc continuer à se développer, c’est une évidence. Tout aussi évident, et n’en déplaise à ceux qui les vendent ou les installent, les SCO détruisent de l’emploi. C’est un calcul que même un enfant de 10 ans comprend aisément : une caissière pour un îlot de 4 caisses (ce qui est la norme courante pour les SCO), c’est forcément moins qu’une caissière par caisse. Autre façon de le comprendre : une tâche que des clients accepteront de réaliser ne génèrera plus d’heures de travail à répartir ensuite entre du personnel. En clair : le bilan social des caisses automatiques est par principe négatif. C’est un débat qui reviendra forcément dans l’opinion à moyen terme. Comment réagiront alors nos gouvernants ? C’était le sens de la conversation avec Isabelle Giordano au micro de France Inter. Laisseront-ils les SCO se déployer au risque d’apparaître comme les complices d’une destruction d’emplois organisée ? C’est mal connaître les politiques ! Interdiront-ils ces nouvelles caisses ? Difficile d’imaginer sur quelle base juridique faire reposer pareille interdiction… En revanche, songer à une taxe sur ces caisses pour en limiter l’intérêt économique m’apparaît d’une probabilité… probable. Ce n’est donc en rien un souhait. Juste une froide réflexion sur un problème qui (re)échauffera forcément bientôt les esprits.

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Sur les ondes : la caissière et le consommateur

Les caisses automatiques vont-elles remplacer les caissières ? Et, plus généralement, quel est l’avenir des automates dans le commerce (cinéma, aéroport, etc.). Tel était, ce matin, le thème de l’émission de France Inter Service Public de laquelle j’étais l’invité. L’occasion de constater une nouvelle fois la formidable schizophrénie du consommateur-citoyen qui, selon les études, dit tout et… son contraire. Interrogé dans la rue, il est un citoyen, outré d’imaginer que des machines puissent remplacer les caissières. Questionné en situation d’achat (c’est alors un consommateur), il s’offusque de l’attente qu’on lui impose et rêve d’un machine pour aller plus vite… Et du dialogue avec les auditeurs ressort – comme toujours – cette expression finalement très romantique et teintée d’une grande utopie : le « sourire de la caissière » que l’on ne veut pas troquer contre les « bip » d’une machine. Moi non plus ! Mais, soyons honnête : j’ai peine à me rappeler du dernier sourire d’une caissière. Ce que je comprends d’ailleurs fort bien, au regard de la pénibilité de leur tâche.

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Caisses automatiques : difficile d’avoir raison trop tôt

LES FAITS. L’Intermarché de Rennes Longchamps, premier hyper à avoir majoritairement équipé sa ligne de caisses d’automates, doit être repris par l’enseigne faute d’avoir rencontré le succès. L’hyper avait un budget à + 30 % (suite à un agrandissement), il clôturera l’année à à peine + 10 %, ce qui est économiquement intenable.

C’était il y a un an, une éternité… Des dizaines de top-managers du commerce français et européen faisaient le voyage de Rennes pour «renifler» ce magasin hors-norme : un hyper de 6 000 m2 dont la ligne de caisses à 80 % automatiques suscitait – c’est selon – curiosité ou risée. 40 self check-out sur 50 postes. Du jamais vu.  A l’origine du projet : Christian Legendre, propriétaire de l’hyper et fou de technologies. Ce sont ses expérimentations d’une caisse-chariot qui ont rendu possible pareil big-bang.

La Tribune Grande ConsoUn an plus tard, les caisses sont toujours là. Mais les clients nettement moins. 20 points sous son objectif, l’hyper a été racheté par sa centrale dont la créance gonflait dangereusement. Faut-il pour autant condamner les caisses automatiques ? Evidemment pas. Le sens de l’histoire commerciale est bien là : faire travailler le client, pour abaisser les coûts d’exploitation et donc, in fine, assurer un positionnement discount (ce que plébiscite précisément le client). C’est ainsi, dans les années 1950, que le libre-service a marginalisé la vente au comptoir. Trente ans plus tard, c’est le pompiste qui disparaissait, nouvelle victime d’un consommateur toujours plus cynique, réclamant du service mais préférant s’en passer pour économiser quelques francs sur son plein de carburants. La vision de Christian Legendre n’en était que plus pertinente : les mêmes causes produiront inéluctablement les mêmes effets, d’autant que les technologies (self check-out ou self scanning) sont désormais matures. La question n’est donc pas tant de savoir si la «libre-servicisation» de la ligne de caisse n’est qu’une hypothèse parmi d’autres, mais bien d’imaginer comment y parvenir. Réponse : avec une certaine progressivité.

A Rennes, Christian Legendre aura donc eu raison… trop tôt. Et tort d’avoir voulu aller… trop vite ! Car la révolution en cours sera forcément lente. D’abord parce qu’elle induit la quasi-disparition d’une corporation que seul le temps peut rendre acceptable. Ensuite, et surtout, parce qu’elle suppose l’adoption de nouveaux gestes et de nouvelles habitudes que chaque client adoptera plus au moins rapidement selon son intérêt et/ou ses aptitudes. Là aussi, le parallèle avec la distribution de carburants laisse imaginer une transition sur une quinzaine d’années. Mais sans pour autant remettre en cause le mouvement. Commerçants et clients ont en effet tant à y gagner. Mais, par principe, c’est la vitesse d’adoption par le client qui fera le déploiement par le commerçant. Et non l’inverse…

O. DAUVERS

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Le 1er hyper qui passe aux caisses automatiques

Le 1er hyper qui passe aux caisses automatiques

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A Rennes, Intermarché Longchamps est le premier hypermarché français a avoir opté majoritairement pour des caisses automatiques. Après deux ans de test avec 8 automates, Christian Legendre, propriétaire du magasin et patron de la STIME, filiale informatique des Mousquetaires, a choisi d’étendre cette technologies avec 40 automates pour une ligne de 50 caisses. Un hyper qui a déjà sa place dans l’histoire de la distribution française…

http://www.vimeo.com/1598210

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