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MEL, Serge Papin et les prix

Incontestablement, les positions de Serge Papin et de Michel-Edouard Leclerc ne sont pas alignées… En début de semaine, le premier a fait circuler la note adressée aux pouvoirs publics sur sa vision de l’évolution des relations industrie-commerce en général et des prix en particuliers. Entre autres sujets, Serge Papin y prend position pour l’augmentation du prix du lait. Je cite, très précisément : “Système U est favorable à une augmentation du prix du lait payé au producteur et en conséquence à étudier les conditions d’acceptation des hausses du prix du lait de consommation qui auraient pour unique objectif cette revalorisation“. Peu après, MEL répondait sur son blog. Ce titre suffit à résumer sa pensée : “Soutenir le pouvoir d’achat, certains distributeurs y renoncent“. Dans le viseur, Serge Papin mais également Georges Plassat et son intervention lors de la Conférence des Echos (déjà rapportés et chroniqués ici).

En fait, tant MEL que Serge Papin sont dans leur rôle. L’un fait d’un positionnement consumériste quasi-intransigeant sa marque de fabrique en l’argumentant plutôt mal (lire sa note ici) . D’ailleurs, ça marche ! L’image-prix de Leclerc s’alimente aussi de ce type de posture. En parallèle, l’autre fait entendre une petite musique différente, plus sociétale que consumériste. Et ça marche aussi, à en juger par l’image (et les performances) de Système U. Reste que, dans le cas du lait, ni l’un ni l’autre n’a en fait vraiment la main. Le prix de la fameuse brique UHT ou de la plaquette de beurre générique est bien davantage la conséquence des marchés mondiaux que des positions de l’un ou de l’autre. A court terme, la tendance est claire : les prix vont progresser, voire flamber si la sécheresse en Nouvelle-Zélande se confirme. Certains industriels (y compris d’émanation coopérative) ont déjà averti en centrales qu’ils pourraient bien stopper leur livraison. Dans les semaines/mois à venir, ils savent déjà qu’ils manqueront de lait. Alors l’intransigeance de MEL ou les propositions de Serge Papin, ils n’y prêtent même pas attention. Car le marché (bien ou mal, c’est pas le sujet) imposera rapidement sa vérité. Le lait, le beurre ou la crème seront plus chers.