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Coffe, bien plus utile à l’agriculture que des générations de syndicalistes

CoffeLeaderPrice-2C’est de bonne guerre… Les disparus sont toujours parés de mille vertus ! Décédé cette semaine, Jean-Pierre Coffe n’échappe pas à la règle. Drucker, Denisot, Fogiel et consorts ont déversé leur miel sur celui qui, tant par conviction que par un sens aiguë de la mise en scène, badigonneait de son fiel les mécréants de la “bonne bouffe”. Industriels, distributeurs comme artisans (son premier et historique “C’est de la merde !” visait un charcutier de quartier), tous ont été un jour ou l’autre victime de sa vindicte.

Ce faisant – et c’est sans doute ce qu’il faudra en retenir – Coffe a fait bien davantage pour la ferme France que des générations de syndicalistes agricoles. De micros en plateaux, il n’avait de cesse de sensibiliser son auditoire à la qualité alimentaire avec la secrète ambition de renouer le lien entre consommateurs et producteurs. Un lien qui, de fait, n’a cessé de s’effilocher depuis 30 ou 40 ans, l’alimentation perdant en intérêt fondamental aux yeux des consommateurs ce qu’elle gagnait en fonctionnalité. Mieux que d’autres, Coffe avait compris que redonner tout son sens à la “bouffe” était la seule voie pour que l’alimentaire ne soit plus une variable d’ajustement des budgets. Autrement dit que les clients payent le juste prix de ce qu’ils mettent dans leur assiette. Précisément ce que réclame les paysans.