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Le drive ? C’est l’enfer ! La presse aussi visiblement…

Society

La technique est rôdée, car si souvent appliquée par la presse généraliste dès lors qu’elle s’intéresse aux sujets économiques… Le journaliste appelle quelques “experts”, histoire de comprendre le dossier (en leur garantissant naturellement qu’il ne s’agit pas d’un papier à charge, “bien évidemment”) et, en parallèle, dégote le syndicaliste qui peut baver sans crainte et une brochette “d’-ex” du métier prêts à “raconter ce que personne n’ose dire”. Le sujet du moment dans Society ? Le drive. L’angle, assumé dès la couverture : “L’enfer des drives”, sous titré “esclavagisme dans les hypermarchés ?”*. Une question, en témoigne le point d’interrogation. Mais une question à laquelle réponse est rapidement apportée. Trop rapidement, bien sûr. “Pour les employés, c’est l’enfer. Ou presque. Chronométrés, blâmés, jetés au frigo en cas de contre-performance, les forçats du drive racontent”. Alea jacta est ! En une vingtaine de mots, le sort du drive est scellé. Et même pour le journaliste qui a fait le voyage du Nord pour voir un drive de près (plutôt d’extérieur, mais peu importe de toute façon…), ce fût… l’enfer. Jugez plutôt : “Ce matin de début mars, la pluie, glaciale, balayée en rafales par le vent du Nord, semble avoir tout repeint en gris, depuis la pelouse qui borde l’asphalte jusqu’aux bâtiments fatigués”. Vu comme ça, effectivement, facile de comprendre que la nuance n’avait pas sa place dans l’enquête. 

* pour connaître (un peu, lol) le sujet de la presse, je propose à Society le papier suivant : “L’enfer des pigistes. Esclavagisme dans la presse” ? Et je suggère même à Serge Papin, actionnaire de Society avec quelques autres, de faire remonter cette idée de dossier lors de la prochaine conférence de rédaction ;-)