Le , par
Bourse : pourquoi Carrefour dévisse malgré des résultats satisfaisants

Carrefour Résultats

Hier, la journée Carrefour aura démarré par des résultats satisfaisants mais se sera achevée sur une sévère correction en bourse : – 5,5 % (à 22,40 €, soit presque le plus bas niveau depuis un an). De prime abord, donc, rien de bien rationnel… A changes constants, le résultat opérationnel courant progresse de 5,3 % à 706 millions d’euros. Une performance globale plus qu’honorable, derrière laquelle sa cachent même des fortes progressions en Amérique latine et dans les “autres pays d’Europe” (hors France). En termes de gestion, Georges Plassat, le PDG et Pierre-Jean Sivignon, son “Finances-en-chef”, avaient aussi prévu de quoi séduire les analystes avec la priorité donnée au free cash-flow. Première fois que le groupe s’engage ainsi, ont même remarqué plusieurs analystes dans leurs notes hier après-midi. De fait, les investissements de remise à niveau devraient baisser dans les prochaines années (“L’essentiel du travail a été effectué“, dixit GP). Cerise sur le gâteau (peut-être car devinant qu’il en faudrait encore davantage pour – enfin – faire décoller l’action), Georges Plassat est même sorti de sa prudence habituelle sur les résultats à venir pour promettre un gain de marge opérationnelle de 0,5 pt d’ici à deux ans. Enorme ! 

Mais rien n’y a fait. La Bourse n’a visiblement ni acheté les résultats ni les perspectives. Et, ce, pour deux raisons. Les perspectives, tout d’abord, probablement car insuffisamment étayées. Si Georges Plassat a, en la matière, voulu faire preuve de conviction (en gros, il la sent bien cette amélioration à venir !), les actionnaires, eux, attendaient des éléments de démonstration. Ensuite, sur les résultats. Globalement bons, mais toujours avec les mêmes zones d’ombre : la Chine, où Carrefour a quand même cédé, fermé ou abandonné 39 hypers (ou projets) et, comme toujours, les hypers en France. Là, Georges Plassat a fait du… Georges Plassat : amusant l’auditoire de quelques saillies drolatiques sur la manière dont sont calculées les parts de marché mais ne répondant finalement guère sur le fond du problème : l’évolution long terme du réseau hypers. En parallèle, une source d’inquiétude apparaît désormais : et si Carrefour France était devenu trop dépendant de ses supermarchés, en résultat du moins ? Sur le S1, selon le calcul de plusieurs analystes, l’EBIT pro-forma de la France (hors les pertes non récurrentes de Dia et de Rue du Commerce) est demeuré stable malgré le recul marqué des ventes en hypers. Ce qui signifie, en creux, que les autres formats ont compensé le retrait des hypers. Forcément…