Le , par
SAMEDI CONSO : Mon carnet (retail mais pas que…) de la semaine

 

Logo

Nouveau rendez-vous sur le blog : « SAMEDI CONSO, mon carnet (retail mais pas que…) de la semaine ». L’occasion de revenir sur l’actu de la semaine, en totale liberté comme toujours. S’y mêleront analyses, anecdotes ou – je le confesse avec gourmandise – gentilles provocations.

SAMEDI

 Samedi Conso 0710 Pics OK

Foire aux vins chez Système U. Une bonne âme se rappelle de deux passions qui m’animent (en tous les cas pour celles que je peux avouer !) : le vin et Indochine. Le tout réuni dans un seul flacon « La vie est belle », forcément ça se met en cave. Et tant pis si l’Anjou n’est pas ma tasse… de thé.

 

 

LUNDI

Cestquilepatron 

C’est qui le patron…, hein ? L’enseigne ou le fournisseur ? A Michel-Edouard Leclerc qui, ce matin sur RTL, affirmait être le premier vendeur de lait « C’est qui le patron », la marque cloue le bec dans l’instant via un tweet au vitriol : « Contrairement à ce qui a été annoncé, pas de lait équitable C’est qui le patron chez Leclerc ». Et la marque de mentionner tout aussi clairement les enseignes dans lesquelles elle est présente et celle qui… « boude toujours » : Système U. A l’échelle agroalimentaire, C’est qui le patron n’est pourtant qu’un fournisseur marginal qui se « paye » publiquement des enseignes que, d’ordinaire, personne n’attaque. Pourquoi tant d’audace ? Parce que C’est qui le patron (via son initiateur Nicolas Chabanne) a bien plus que des millions de chiffre d’affaires à mettre sur la balance du rapport de force. Il a les clients et, conséquemment, l’opinion.

 

Leclerc 1 

Leclerc toujours. MEL avait promis une campagne de publicité pour dénoncer le rélèvement du SRP. La voici. Avec, comme toute campagne de pub, le doigt de mauvaise foi qui sied à la démonstration de MEL, à savoir qu’il n’y a pas de lien entre hausse du SRP et revenu agricole (sur le fond, relire mon édito ici). Regardez attentivement le choix des produits. Tout sauf un hasard. Deux produits non alimentaires (au sens de la matière première) sur les cinq choisis, c’est nettement plus que le quota du DPH dans le CA. Peu importe, ça aide à la démonstration « en quoi payer jusqu’à 15 % les produits des multinationales aidera nos agriculteurs ? ». Pour les produits alimentaires présentés, là aussi, choix subtil. Évian ? L’eau n’est pas à proprement parler un produit agricole ! Ricoré ? Pour une large part élaborée à partir de café, pas franchement la spécialité des paysans français. Fanta Orange ? Le sucre (peut-être cultivé sur les champs de l’Amiénois) ? Moins de 10 % de la recette. Alors, forcément, augmenter le prix de ces produits n’aura que peu d’effet sur le revenu agricole… La démonstration est bien davantage frappante qu’avec un Petit Beurre de Lu (73 % de blé français dans la composition) ou un camembert Président (99 % de lait français). Mais, bon, la pub est-elle toujours le reflet de la vérité… . ?

 

 

MERCREDI

LSA 

Journée « Négoco » de mes camarades de LSA (qu’ils se rassurent quand même, je n’étais pas infiltré, rasé et déguisé !, mais juste informé de ce qu’il s’y disait). J’en retiens deux choses intéressantes… D’abord, un « étonnement Auchan ». Wilhem Hubner, patron du groupe, a profité de sa présence sur scène pour annoncer une nouvelle vision de l’hyper dans moins de 18 mois, en mars 2019. Et là, forcément, je m’étonne… Un nouveau (déjà ancien ?) concept vient à peine d’être présenté comme tel avec les trois AudaceStores : Englos pour les grands hypers, Dardilly pour les hypers moyens et Manosque pour les plus petits. Donc, le déploiement du concept 2017 a à peine démarré que la copie 2019 est déjà annoncée. La morale ? L’innovation chez Auchan c’est comme Apple. A peine lancée, elle est déjà rendue obsolète par la frénésie créatrice du service R&D !

Autre sujet de la journée : le relèvement du SRP. Et, là, une nuance intéressante à relever. D’un côté Thierry Cotillard (Intermarché) et Serge Papin (Système U) qui ont bien identifié la stratégie de comm’ de MEL et souhaitent limiter la mesure à l’alimentaire (pour ne pas laisser MEL feindre de s’étonner sur l’air « comment le relèvement du prix de l’Ariel pourrait-il profiter aux agriculteurs ? »). De l’autre, Richard Panquiault, de l’ILEC, qui, lui souhaite que la mesure s’applique plus largement. Evidemment pour englober le fameux bidon d’Ariel. Preuve que s’il y a un quasi-consensus sur le relèvement du SRP, ce n’est pas pour les mêmes raisons…

 

Apéricube 

Pour se détendre, un peu de… « Gagné/Perdu », vous savez ce jeu qui consiste à comparer les offres promo des enseignes. Depuis une semaine, Carrefour promet les meilleures promos (et s’engage même à rembourser automatiquement en cas d’écart, revoir ici). Forcément, ça donne envie de tester… Sur l’Apéricube en 2+1 ? Raté. Intermarché affiche l’étui à 2,79 €, Carrefour à 3,03 €. 9 % d’écart. OK, les puristes objecteront que l’offre Apéricube n’est pas concernée par la garantie Meilleure Promo (il n’y a pas le logo). Il n’empêche… En imaginant cette mécanique, et même en la limitant à quelques articles par prospectus, Carrefour veut installer l’idée générale qu’il est imprenable. Ben non !

 

 

JEUDI

En marge du sommet de l’élevage, à Clermont-Ferrand, conférence devant des responsables de coopératives agricoles. Le thème : l’évolution de la conso et les – réelles – opportunités que cela offre dans la valorisation de l’offre. La discussion qui s’en suit dévie, évidemment, vers la distribution. Et, comme toujours, je suis effaré sur le niveau d’ignorance de l’amont, jusqu’à ces cadres de coopératives. A l’évocation de la rentabilité du commerce (1,5 à 2 % du CA net), l’un d’eux m’interrompt. « C’est bien gentil vot’chiffre, mais y’a pas l’argent qui est planqué en Suisse ou ou Luxembourg avec les centrales d’achat européennes ». J’ai beau expliquer le principe même d’un résultat « net », rien n’y fait, je ne convainc pas de la justesse (j’ai pas dit la « justice » !) de mon chiffre. C’est bien ce que je reproche aux « penseurs » agricoles, qu’ils soient syndicalistes, économistes ou influenceurs en tout genre : refuser la réalité des faits (ici des chiffres), simplement car leur posture y perdrait en assurance. Et leur influence sur les « masses » avec sans doute…