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Bompard : entre réquisitoire et plaidoyer, entre ambition et cost-killing !

Bompard

Rien sur le blog hier sur Carrefour. J’assume ! Mais je revendique aussi d’avoir largement partagé mon sentiment sur les ondes et les plateaux dans une ambiance de soirée électorale, passant d’un média à l’autre pour répondre aux mêmes questions avec les mêmes idées, arguments et exemples. Le risque, évident ? La caricature de soi-même. L’intérêt ? La constance dans l’analyse !

Pour le « plan », tout a déjà été dit ou écrit (et pour l’analyse, je réserve ça aux lecteurs de VIGIE GRANDE CONSO). Ce qui m’intéresse aujourd’hui : la méthode. Une balance permanente. D’abord entre réquisitoire et plaidoyer, ce qu’illustre parfaitement cette phrase : « Carrefour est présent sur tous les formats mais n’est pas multiformat ; Carrefour est présent sur tous les canaux mais n’est pas omnicanal ; Carrefour est présent dans 33 pays mais sans coordination de ses actifs ça génère avant tout de la complexité ». A chaque fois, le bien, le mal. Ou du… Macron et son « en même temps ». Macron auquel Alexandre Bompard est d’ailleurs souvent comparé en interne pour son impatience à voir les résultats !

Autre balance : entre l’ambition et le cost-killing. Les coûts, ce sont évidemment les 2 milliards d’euros d’économies, pas neutre à l’échelle d’un groupe de 80 milliards d’euros de CA. L’ambition c’est, par exemple, le… non-désengagement de la Chine (ce que beaucoup attendaient eu égard aux difficultés sur place) comme pour maintenir à Carrefour sa dimension mondiale. Balance également sur la nature des économies et le nouvel objectif de Carrefour : devenir le leader de la transition alimentaire, incluant une plus grande responsabilité avec l’amont, tout en assurant que la majorité du plan d’économies viendra d’améliorations aux achats. Pas évident à suivre.

Balance enfin sur le sort des hypers. « L’hypermarché recèle toujours une grande valeur », comme pour justifier la non-fermeture de quelques magasins pourtant en difficulté. Mais, dans le même temps, le nouveau patron annonce 100 000 m2 de réduction de surface, soit l’équivalent de 11 hypers moyen. Pas neutre.

Avantage de cette balance : rendre plus acceptable ce qui est quand même un remède de cheval ! Inconvénient : rendre le fond du message moins lisible. Car, comme me le demandait hier un peu sèchement un camarade journaliste sur un plateau TV : Carrefour est-il vraiment un groupe en danger ?