Le , par
SAMEDI CONSO : mon carnet (retail mais pas que…) de la semaine

Sans titre-1

SAMEDI CONSO : l’occasion de revenir sur la semaine, en totale liberté comme toujours… Et tant pis si ça pique 

 

SAMEDI

Cotillard 

Revue de presse de la semaine. Dans Les Echos, une page d’interview de Thierry Cotillard, patron d’Intermarché. Stratégie de l’enseigne, concurrence, EGA, etc., tout y passe… ou presque. Manque quand même un volet gouvernance, un particularisme (pénalisant) propre à Intermarché (revoir ici). D’un autre côté, suis pas sûr que Thierry Cotillard ait envie de laver son linge sale… en dehors de la famille ! Déjà, il brise ce qui est encore un tabou dans la distribution : la surcapacité. Même en le périmétrant à quelques zones, reconnaître que « l’offre en matière commerciale est trop importante » et que « les rendements au mètre carré diminuent », c’est déjà une révolution culturelle. Et c’est aussi la cause profonde de la guerre des prix entre enseignes.

 

IMG_1353

Revue de presse, suite. Challenges à présent. Selon l’hebdomadaire, les Mulliez n’excluent pas de consolider leur groupe. En clair de passer du stade de galaxie où chaque planète est indépendante l’une de l’autre à une holding qui consoliderait toutes les activités (Auchan, Decathlon, Leroy Merlin, etc.). Jusqu’à lors, les Mulliez s’y sont toujours refusés, notamment eu égard aux contraintes sociales. Mais, au passage, ils perdaient le bénéfice d’éventuelles synergies. Mais les temps ont changé. Ils sont juste plus… durs. Et comme nécessité finit toujours par faire loi, les postures d’hier ne sont plus forcément celles d’aujourd’hui. Ce qui est valable pour l’empire en général l’est aussi pour Auchan en particulier, qui a d’évidence des choix douloureux à opérer.

 

IMG_1309 

Sous l’aimable encouragement de n°3 (dans l’ordre de succession !), je prends la décision de passer à l’électrique. Direction les concessions automobiles. Ca va changer d’un samedi ordinaire fait d’hypers ou de supers. Mais – hélas – un point commun, un Penser-Client défaillant. A ce stade de ma conversion à l’électrique, la première question qui m’anime c’est l’autonomie. Une information absente de toutes les ILV. Les règles du commerce sont universelles. Chez Renault comme chez Carrefour.

 

IMG_20181123_121406 

Ce week-end, c’est Black Friday. Les enseignes multiplient les promos… inégales. Chez Confo (à gauche), le Galaxy S7 de Samsung est démarqué de 300 €. Mazette… Se sont énervés les acheteurs Confo ! Coût après remise donc : 249,99 €. A droite, les acheteurs d’ElectroDepot ne se sont pas donnés autant de mal. Au moins en apparence. A peine 70 € de remise. Mais un prix pourtant plus intéressant : 229 €. Dites donc, Confo, vous me prendriez pas pour un pigeon par hasard ? C’est juste pour savoir !

 

LUNDI

AuchanvelizynOvembre 

Chez Auchan. Depuis 20 minutes devant le rayon pain de mie. Incapable de me décider en fait. Est-ce que je préfère le pain de mie « sans croûte » ou « 100 % mie » ? Cornélien.

 

IMG_7044 

Auchan, encore. Rayon bières. L’imagination des brasseurs est sans limite. Je connaissais Jaquie & Michel, Kékette, Levrette ou encore Triple fessée (t’inquiètes chérie, c’est très professionnel), mais pas encore la « Torchon Chiffon Carpette ». Ou quand la marque est aussi la promesse produit…

 

MARDI

IMG_1370 

Aujourd’hui, c’est Match. L’enseigne est généreuse. Ce paquet de café San Marco acheté, c’est 1,90 € reversé à Ircad. Le don est mis en exergue comme élément de valorisation de l’offre. Après tout, pourquoi pas conjuguer achat et solidarité… A la condition quand même d’en connaître un minimum sur la cause en question. Ircad, kezako ?

 

IMG_1368 

Je sais pas vous, mais le Quinoa commence à me courir sur le haricot ! Légumes secs, purée, plats cuisinés, c’est la graine star. Partout. Jusqu’au rayon ultra-frais à présent. Stop, n’en jetez plus !

 

match décembre 

Dans ce Match, il n’y a plus de rayon fromages à la coupe depuis longtemps. Place donc au frais-emballé et aux réassurances qui vont avec sur la fraîcheur des produits. Heureusement que je ne prends pas Match à la lettre parce que déguster des… barquettes, bof !

 

MERCREDI

 

Capture d’écran 2018-11-27 à 16.25.07 

Leclerc chez moi : v’la longtemps que je n’ai pas commandé. Je sais (vu le succès relatif du service), je ne suis pas le seul (à ne pas commander souvent). Aujourd’hui, la livraison est offerte par Danone. L’offre est belle. Elle est surtout l’illustration que, comme ses concurrents, Leclerc a quelques difficultés à convaincre ses clients de payer le service. Et a donc recours aux mêmes subterfuges. Ici, l’offre ne manque pas d’intérêt. Livraison offerte moyennant 5 produits achetés. Y compris 5 bouteilles de Salvetat à 69 centimes la pièce. Soit 3,50 €. J’voudrais bien savoir comment Danone s’y retrouve. Mais je me pose sans doute trop de questions.

 

JEUDI

 

EGA 

Via mon fil Twitter (@Dauvers70), je révèle le report possible de la mise en application de la loi EGA. Les raisons sont nombreuses. D’abord, techniquement, le socle juridique sur lesquelles reposent les ordonnances demeure fragile (même les fonctionnaires de Bercy le reconnaissent, en « off » bien sûr). Ensuite, et surtout, la séquence politique n’est pas propice à l’entrée en vigueur d’une loi dont les effets vont être non seulement inflationnistes mais bien visibles. Le Ricard qui dépasse les 20 € serait « vu » par les clients dès le premier achat. Ce à quoi se rajoute l’inconnu du prélèvement de l’info à la source. Un scénario s’esquisse : lundi, réunissant les enseignes, Bruno Le Maire pourrait leur confirmer le report de la loi tout en leur demandant de mener des négociations « responsables ». En clair d’exiger de leurs fournisseurs des niveaux de rémunération garantis pour les matières premières agricoles lorsqu’elles sont françaises (lait, porc, bœuf, etc.). Il y aurait certes de l’inflation en rayon mais bien plus ciblée et donc moins visible. Ce qui permettrait, par la suite, un abandon d’une loi dont, pour son volet promo, personne ne voit exactement comment elle pourrait s’appliquer.

 

Capture d’écran 2018-11-30 à 20.58.43 

Réaction outrée ou violente (rayez la mention inutile) de Christiane Lambert via son fil Twitter. La patronne de la FNSEA n’a visiblement pas été « préparée » par le politique à cet éventuel changement de stratégie alors qu’il pourrait pourtant produire un réel effet sur le revenu agricole. C’est l’illustration que le syndicat considère toujours que le bonheur agricole ne peut naître que dans la contrainte des distributeurs. Le dogme n’est pas nouveau mais, avec les EGA, il a touché ses limites. Car, désormais, seuls les quelques élus agricoles qui ont participé aux EGA croient encore à la théorie du ruissellement.

 

IMG_1424 

Ce soir, rendez-vous pour conférencer devant « Les Aventuriers de Carrefour », l’association qui réunit les managers passés par Carrefour. Le plus « glorieux » aîné : René Brillet (à droite). L’homme a dirigé la France, l’Espagne, l’Asie, l’Amérique du Sud et le groupe. Il a signé les acquisitions de Montlaur ou d’Euromarché que je « couvrais » en jeune journaliste pour Linéaires. J’avais 20 ans. Il était un patron respecté du retail. Le voilà désormais m’écoutant. Je commence en m’adressant spécifiquement à lui : « Il y a trente ans, jamais je n’aurais pensé être là, c’est un honneur René ». Ne jamais oublier.

 

IMG_1421 

René est taquin. Comme il me connaît mon goût du détail, le voilà exhibant le dernier courrier reçu de Carrefour. 28 centimes de crédit sur son compte de fidélité, dans le cadre de la garantie meilleure promo. Je comprends vite le message. « Tout ça pour ça ». Sous-entendu : pas vraiment d’effet waouh. Donc il en aura coûté à Carrefour la mise en place d’une veille promo (imaginez l’enjeu : scruter en permanence toutes les promos des concurrents) et quelques dizaines de centimes d’affranchissement pour rembourser royalement 28 centimes à René Brillet.