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Michel Biéro, Lidl : « Je ne veux plus d’origine UE sur les produits Lidl »

Lidl

Croisé hier sur le plateau de BFM Business pour une émission sur l’origine, Michel Biéro m’a confié avoir demandé à ses fournisseurs de nommer désormais clairement les pays où ils s’approvisionnent. Les premiers produits avec la mention du pays en remplacement du générique “UE” arriveront dans quelques semaines en rayon. Explications. 

A l’occasion du salon de l’agriculture qui s’ouvre samedi, vous annoncez ne plus vouloir d’origine « UE » sur les produits Lidl. En quoi cela consiste-t-il ?

Aujourd’hui, sur les produits transformés, l’origine des matières premières agricoles (porc, volaille, etc.) s’exprime de deux manières : soit le produit est français et l’origine France est clairement revendiquée ; soit le produit est importé et les industriels se réfugient derrière la mention « UE ». C’est ni plus ni moins ce que la campagne #BalanceTonOrigine a mis en exergue. Désormais, sur nos produits, je demande donc aux industriels d’indiquer réellement le pays d’origine. Je ne veux plus d’origine UE sur les produits Lidl.

 

C’est une décision qui peut pénaliser l’attractivité des produits…

Je ne le crois pas. Et, de toute façon, cette approche est une évidence, quelle que soit le prisme par lequel vous regardez le sujet. Vu du consommateur, c’est un besoin de transparence dont on voit bien qu’il progresse jour après jour dans la société. « UE » n’est pas un pays, c’est un cache-misère ! Et vu de la Ferme France, si on veut aider le consommateur à aider l’agriculteur, encore faut-il lui donner les moyens d’effectuer un choix éclairé. C’est aussi pour ça que Lidl a signé le Manifeste Origine, présenté à l’Assemblée Nationale en décembre.

 

Intermarché a lancé le FrancoScore, Leclerc le savoir d’achat, vous bannissez l’origine UE, n’y-a-t-il pas un risque de cacophonie ? 

A court terme, sans doute. Nous prenons chacun le sujet avec nos convictions, mais j’imagine qu’Intermarché et Leclerc sont mus par la même ambition que nous. C’est aussi une façon de faire bouger les lignes. Probablement qu’à terme ces initiatives et d’autres finiront par converger. Et ce bouillonnement initial aura été utile !

 

Comment réagissent les fournisseurs concernés ? 

Comme je m’y attendais… En m’expliquant immédiatement que c’est compliqué, que la traçabilité ne le permet pas aussi facilement, qu’il y a parfois plusieurs origines, etc. Bref, que ce n’est pas réaliste. Pourtant, ça l’est. Je suis prêt à voir 2 ou 3 origines sur les produits Lidl s’il le faut. Mais je veux désormais voir les véritables origines. Pas l’énigmatique « UE ».