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Prendre le gouvernement à son jeu pour obtenir la réouverture

Réouverture

Depuis une dizaine de jours, commerçants et politiques (de tous bords) se livrent à un véritable Concours Lépine de l’idée la plus saugrenue. Et force est de reconnaître que l’époque révèle des talents jusque là cachés. Laurent Wauquiez, par exemple, Président de la région Auvergne Rhône Alpes, qui a proposé vendredi sur BFM de créer “un Amazon 100 % Auvergne Rhône Alpes.” L’histoire ne dit pas s’il était sérieux… Hier, 4 fédérations de commerçants ont pris la plume dans le JDD pour demander “l’interdiction du BlackFriday”. Là encore, l’histoire ne dit pas s’ils étaient sérieux. Ou comment faire… Interdire le terme ? Ou le principe même de tout rabais pendant les derniers jours de novembre ? Un concours vous dis-je. 

Pas davantage que les suppliques (même justifiées), ces idées hors-sol ne font pas, hélas, avancer la cause d’une réouverture rapide. Plus efficace serait de prendre le gouvernement à son propre jeu. Après tout, le sanitaire est la justification à la fermeture ? Alors que les commerçants aillent sur ce terrain dans leurs prises de parole. Le sanitaire, rien que le sanitaire. Qu’ils soient davantage encore force de proposition et, surtout, au-delà même des attentes ! Pour effacer un à un tous les arguments contraires. Par exemple la jauge. Le “4 m2″ est une objective aberration. 50 personnes dans 200 m2 (OK, je force le trait), sérieux ? Les commerçants doivent proposer une jauge plus stricte. Bien plus stricte. Autre exemple : le flux clients, souvent composé de plusieurs personnes “par chariot”. Les commerçants pourraient proposer le principe de “courses en solo” et s’engager à le faire respecter… Il y a aussi les rendez-vous, les horaires, etc. Dit autrement : dans leur communication désormais, les commerçants doivent rapidement changer de posture : terminés les pleurs (quoi qu’il arrive, le mal est fait et personne n’en doute d’ailleurs), les commerçant doivent devenir les garants d’une gestion sanitaire plus stricte encore qu’imaginé par ceux chargés de lever l’interdiction de commercer. Naturellement, faire respecter les “courses en solo” (ce n’est qu’un exemple) sera difficile, parfois source de frictions. Aucun doute. Le commerçant n’est pas un policier ! Mais si la réouverture en dépend, il faudra bien accepter de l’être.