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Ce que le Top 3 d’Auchan a dit aux 60 000 collaborateurs…

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C’était hier à 16h. L’espace de 15 mn, la vie Auchan s’est presque arrêtée. Au moins pour ceux, parmi les 60 000 collaborateurs d’Auchan en France, qui n’étaient pas sur le carrelage et qui étaient donc “suspendus” aux lèvres de Francis Cordelette, nouveau président, Alexandre Mulliez, nouveau vice-président, et Jean-Denis Deweine, directeur général confirmé. Autant le dire, l’exercice était convenu. Une première prise de parole après un changement de gouvernance, forcément, ça se prépare à un tel niveau que toute forme de spontanéité disparaît, sauf, évidemment, pour le “vieux briscard Cordelette” qui ne lisait ni ne récitait un texte mais… “les mettaient sur la table” (les tripes hein, ne vous méprenez pas). Et qui, au passage, a habilement rappelé qu’il avait 30 ans de maison au compteur, de chef de rayon à directeur général. Comme pour en appeler à la culture Auchan, empreinte de promotion interne et de méritocratie. 

Alors, les collaborateurs d’Auchan ont eu droit aux éléments de langage soigneusement définis. Sur l’ambition d’Auchan : le bon, le sain, l’accessible. Rien de nouveau, certes, mais la communication c’est la répétition dit-on. Sur le mouvement : “Auchan est en mesure d’accélérer, on est en conquête“. Et comme pour illustrer le propos, Jean-Denis Deweine a révélé de premiers résultats pour l’exercice 2020 : le résultat d’exploitation atteint 155 millions, exactement le symétrique de 2018 où la perte avait atteint… 155 millions. Et c’est là, autant le dire, où je ne comprends rien, mais alors rien, à la méthode. Si Auchan a changé de gouvernance, c’est bien qu’Auchan n’allait pas dans la bonne direction. D’ailleurs, nul besoin d’être informé pour le constater : les ventes reculent, les parts de marché aussi. Et, là, en lieu et place d’un discours martial, mobilisateur, on a le satisfecit d’une année qui, finalement, aura été bonne. Ben, dans ce cas, pourquoi changer ??? Surtout que les inquiétudes des Mulliez sur la marche d’Auchan est un secret de polichinelle. 

Sur le reste, Jean-Denis Deweine a rappelé les deux directions stratégiques : les produits (avec une offre “singulière, responsable et juste“) et l’expérience. Ce à quoi s’ajoutent “3 chantiers d’amélioration” : les outils au service des collaborateurs, la puissance promo qu’Auchan doit retrouver et le discount avec cette promesse qui fait déjà trembler à Landerneau : “être enfin les moins chers“. Là encore, j’aurais préféré plus de réalisme. Genre : “Nous ne serons jamais les moins chers, mais les meilleurs dans le Penser-Client, ça oui, on peut“. Mais si le boss veut faire croire à ses équipes qu’ils peuvent être les moins chers, allons-y. 

Et puis, parce que c’était très attendu, la première prestation d’Alexandre Mulliez (auquel est venu se rajouter quelques secondes de son grand-père Gérard pour rappeler que le patron c’est bien le client). La tenue (chemise ample sur pantalon) était forcément plus décontractée que l’homme mais l’exercice était objectivement difficile. Alexandre Mulliez a donc évoqué sans surprise l’ADN  d’Auchan : “Nous formons tous une seule et même équipe“. Et, dans sa conclusion, d’évoquer une idée toute simple mais potentiellement très efficace si le trio parvient de relancer l’énergie interne de la machine : “Ce que nous attendons de vous ? Que vous vous amélioriez chaque jour. Nous sommes aujourd’hui plus de 60 000. Imaginez si nous réussissons à nous améliorer ne serait-ce qu’un tout petit peu chaque jour, imaginez les progrès colossaux que l’on pourrait réaliser sur une année, à 60 000 !” Il était 16h15, il fallait repartir au boulot. Et commencer à faire des progrès !