
Philippe Michaud, président de l’ACDLec, sort tout juste de son audition au Sénat sur le sujet des marges de la distribution. Comme souvent, la présentation (banale) du mouvement Leclerc, de son fonctionnement et de sa philosophie sur les prix a occupé l’essentiel de l’entretien.
Deux sujets “chauds” ont néanmoins été mis sur le tapis : le ruissellement du SRP+10 et le respect du droit français par la centrale d’achat belge Eurelec. Les réponses du distributeur furent courtes faute de temps mais, surtout, elles n’auront convaincu personne d’une éventuelle bonne volonté de Leclerc en la matière…
Leclerc a toujours affiché son hostilité envers le SRP+10 imposé par la loi Egalim. Cette “marge obligatoire” est censée redonner de l’air aux enseignes sur les PGC pour qu’elles margent moins et/ou payent mieux sur les produits agricoles. On peut discuter la vision trop simpliste du commerce qui sous-tend cette mesure, mais il était évident que les distributeurs seraient amenés à rendre des comptes.
La question n’a pas manqué de tomber lors de l’audition de Leclerc (extrait vidéo ci-dessous). La réponse de Philippe Michaud ? Assumer que la redistribution du SRP+10 n’a pas profité aux agriculteurs mais… aux MDD de Leclerc. Puis conclure qu’il est trop compliqué de suivre cette mécanique dans la durée, fermez le ban.
Quant à Eurelec, c’est encore plus simple. La centrale est belge, le droit belge est de son côté et à moins qu’un juriste français ne trouve la parade, ça restera comme ça. Tant pis pour les lois françaises, donc. Factuel, mais brutal. On va voir maintenant ce que les sénateurs feront de tout ça…




Si ça profite aux MDD, alors ça profite aux clients pauvres, dont beaucoup d’agriculteurs. Si ça profitent aux hypermarchés, ça profite aussi aux clients pauvres, ainsi qu’aux producteurs.
Nos gouvernants ne comprennent rien à l’Economie.
Il vaut toujours mieux que la rémunération tombe dans votre poche que dans celle des autres. A vous de juger ce que vous en ferez et ne pas subir par manque de choix. Je m’explique. Si l’agriculteur touchait ces 10%, il ne serait peut-être plus un travailleur pauvre, il serait récompensé pour son travail via l’argent qui rentre sur son compte. Il pourrait se permettre d’acheter autre chose que des MDD Leclerc par exemple. Le but de ces 10% est de permettre aux agriculteurs, aux petites PME de mieux vivre et donc de mieux rémunérer leurs salariés. Ces mêmes salariés qui se plaignent du pouvoir d’achat.
Alors même que Leclerc se sert de ces 10% pour améliorer la compétitivité de ses produits, rémunérant toujours aussi mal ses petits fournisseurs. Il se créé ainsi une base de population prête à acheter ses produits. Le “Sauveur” des plus défavorisés n’est pas là pour faire œuvre de charité. Il est uniquement là pour le business … et tant pis si certains en dessous de lui perdent des plumes. C’est leur problème, pas le sien.
Et ca ne deviendra son problème uniquement si elles se rebellent pour payer dignement leurs salariés.