
C’est le problème avec les “bons” élèves : on ne leur laisse rien passer. Et comme U revendique une forme de vertu sur ses approvisionnements (jusqu’à en faire de la publicité comparative), il n’est pas anormal de pointer les contre-exemples, même isolés. Car, ici, le symbole est fort. Sans nommer le magasin (je laisse U apprécier le sujet en interne), voici donc aujourd’hui… des œufs ukrainiens. Qu’ils soient annoncés comme français sur l’affichage est un erreur (errare humanum est), qu’ils soient présentés à la vente est une décision, probablement locale. Mais bien une “décision”, avec ses tenants et ses aboutissants. Et j’imagine aisément le choix cornélien du “décideur” (comme pour Carrefour l’an dernier, revoir ici) : manquer d’œufs ou répondre favorablement à un trader qui achète des camions en Ukraine, leur fait traverser l’Europe pour les vendre à qui en veut. Dit autrement la question est : décevoir le client ou le paysan français, voire au-delà ? Car, en l’espèce, j’aurais rajouté un élément supplémentaire de décision : est-ce raccord avec la posture de l’enseigne ?
Au passage, s’illustre une nouvelle fois l’impérieux besoin qu’il y a de permettre aux aviculteurs français de se développer et de construire de nouveaux poulaillers. Car j’ose espérer que si ledit décideur avait eu le choix, il aurait quand même préféré acheter français. Et à ceux qui entravent le développement agricole au nom d’idéaux environnementaux, pensez bien à en assumer les conséquences : des camions qui traversent l’Europe. C’est vrai que c’est vachement mieux !




