
On n’a jamais été aussi près de voir (enfin) l’origine sur les produits alimentaires… Après l’Assemblée Nationale, la loi d’urgence agricole est en effet en débat au Sénat. Et les sénateurs ont l’occasion de “faire l’histoire” sur l’affichage de l’origine des ingrédients. En clair, pour qu’on sorte de l’anonymat ou de l’hypocrite “origine UE”, bien trop imprécis. Le gouvernement (via la Ministre de l’Agriculture LR Annie Genevard, LR comme la majorité du Sénat !) a en effet inscrit un amendement visant à rendre obligatoire l’affichage du pays pour les produits à base de viande.
Pour le rendre compatible avec le droit européen (assez contraignant sur toute obligation en matière d’affichage), le gouvernement met en exergue 2 conditions “trou de souris” qui permettent normalement de passer entre les mailles du filet : d’abord, il existe une attente manifeste de l’opinion ; ensuite, il est démontrable qu’il y a un lien entre origine et qualité finale des produits (notamment sur les conditions d’élevage ou d’abattage). Bref, la balle est dans le camp des sénateurs !
Les sénateurs auront aussi un autre amendement sur la table. Cette fois-ci, il s’agit d’obliger à la communication annuelle du pourcentage d’ingrédients français dans la production. Une espèce de “rapport patriotique” que la Ministre a fait adopter à l’Assemblée Nationale en première lecture, mais limité aux MDD. Au Sénat, via le Collectif En Vérité, un amendement vise à élargir cette obligation à toutes les marques : MDD comme marques d’industriels. Là aussi, la balle est dans le camp des sénateurs pour écrire l’histoire de la transparence alimentaire au bénéfice des consommateurs comme des agriculteurs. Voilà pourquoi un vote “contre” serait évidemment totalement incompréhensible.



