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La borne, le bordeaux et l’autruche

BorneVinJe n’ai jamais été un grand partisan des bornes automatiques en magasin, surtout au rayon vins. Schématiquement deux raisons : la médiocrité du contenu (au sens éditorial du terme) apporté au consommateur et la difficulté à faire vivre la borne dans le temps. Et ce quelles que soient les intentions – forcément bonnes – d’origine. Voilà un magasin comme un autre (un Intermarché dans le Nord de la France, que je ne cite pas par charité !) et une borne comme les autres. Laquelle a (très) mal vieilli… Le ton est donné dès le fronton de la borne (photo 1) : « Pour certains vins ». La non-exhaustivité de la borne est assumée. Alors que c’est pourtant la condition sine qua none d’un usage important. Résultat, dans un nombre de cas trop certain, la borne désole tout autant qu’elle se désole (photo 2) : « désolé, ce vin n’est pas enregistré ». Le contenu, lorsqu’il est disponible ? Aussi affligeant que les contre-étiquettes de nombreux flacons (photo 3). Le Bordeaux est ainsi recommandé pour du bœuf à la ficelle, du gigot en croûte ou encore une autruche rôtie. Merci de l’info, je m’apprêtais justement à rôtir une autruche. Pas vous ?

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Carte Postale de Buenos Aires (2)

SauternesLes habitués du blog connaissent mon attachement au vin ! Alors, cette p’tite carte postale est dédiée à tous ceux qui (en France comme ailleurs) tentent de défendre les appellations. Et leur rappelle l’ampleur de la tâche… Ici, les vins rouges sont baptisés de leur cépage (cabernet-sauvignon, chardonnay ou encore malbec, la star en Argentine). Mais lorsque le cépage n’est pas suffisamment explicite pour le client, rien de plus pratique que d’usurper les appellations. C’est le cas avec ce Sauternes, argentin évidemment ! A la vôtre…

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Carte postale de Sao Paulo (3)

SaoPauloVin3-BDVin, la suite… Les apparences sont parfois trompeuses… Voilà une référence dénichée dans un hyper Extra de Sao Paulo (groupe Pao de Acucar). Une bouteille de vin « Vive la France », ornée d’une Tour Eiffel et signée de la MDD Casino « Club des sommeliers ». Un contenant franchouillard à souhait. Mais un contenu… brésilien. Un cabernet sauvignon local.

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Le vin, un marché comme un autre

vinPassage à Narbonne pour partager quelques réflexions sur le marché du vin avec des vignerons et négociants de ce qui est le plus grand vignoble du monde : le Languedoc. Créateur du magazine Rayon Boissons en 1993, j’ai toujours suivi ce marché avec une attention particulière, doublée d’une passion – parfois exagérée – pour les produits. Depuis longtemps, je répète à qui veut l’entendre dans cette filière que le vin est un marché comme un autre, au moins pour la masse du marché, celle là même qui fait vivre les producteurs « ordinaires ». Et donc que l’archaïsme pesant qui encroûte nombre d’opérateurs est la première raison au désamour des consommateurs. Mais, jamais, je n’avais disposé d’arguments aussi solides que le bilan 2009 pour étayer ma conviction. Jugez plutôt : l’an dernier, les vins d’appellations dans leur ensemble ont vu leurs ventes baisser de 1,6 %. Mais, parmi ceux-ci, les vins de cépages (les Cabernet-Sauvignon, les Chardonnay, etc) ont progressé de 16 %. Un écart trop important pour être insignifiant, ai-je martelé aux Languedociens. Dans le même temps, les bag-in-box progressaient de 17 % lorsque les bouteilles reculaient de 4 %. Deuxième – grand – écart. Enfin, côté couleurs, le rosé s’affiche à + 10 %, lorsque les blancs et les rouges évoluent entre – 1 et 1,5 %. Là encore, des destins grandement opposés.

Pourquoi vous détailler pareille données ? Parce qu’elles sont à la base d’un cas marketing exemplaire. Les trois segments qui ont fortement progressé (cépages, bag-in-box et rosés) rencontrent un vrai écho chez le consommateur : la simplicité de l’offre pour le cépage (tellement plus aisé à comprendre que la sous-appellation d’une région) ; la praticité pour le bag-in-box ; et des instants de consommation très identifiés pour le rosé. En clair, ce marché a été, plus qu’il ne l’avait jamais été, drivé par des attentes consommateurs finalement très banales, communes à tous les marchés. La preuve que le vin est bien un marché comme les autres. Et que si la production n’accepte pas la grande remise en question qui s’impose, dans sa réglementation comme dans ses pratiques, le client oubliera jusqu’au goût du vin. Car c’est bien lui le patron du marché !

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