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Yap Yap : hip hip hourra ?
LES FAITS. Carrefour a lancé hier    sa nouvelle mécanique promotionnelle : Yap Yap, diminutif de «quand y’en a plus, y’en a plus». Le principe ? 4 produits par jour     «à prix cassé» et en quantité limitée.
Rien n’est hasard… Alors que,  faute de financement, Promo Libre s’étiole (des offres moins nombreuses, moins attractives et moins relayées en points de vente), Carrefour lance donc Yap Yap. Pas sûr que les (plus) vieux grognards de l’enseigne se retrouvent dans pareil langage ! Reste qu’ils en auront vite compris le principe tant l’idée est vieille comme le commerce : une «offre choc en quantité limitée». Rien de neuf en apparence. Les «un jour, un produit» de Carrefour à la fin des années 1990 ou les dramatisations d’Intermarché dix ans plus tôt (Gérard Klein au micro) utilisaient déjà les mêmes ressorts.
Mais une recette largement éventée en devient-elle forcément éculée ? Evidemment pas. Sur le papier, le Yap Yap de Carrefour mérite un hip hip hourra ! Car il redonne tout son sens à l’hyper, par principe le point de vente de l’événement. Evénement dont Yap Yap se veut une forme moderne. Par définition, l’hyper est en effet un format contraignant : plus loin et plus grand que les autres. Aussi, la seule question qui vaille est là : comment, par la proposition commerciale, transformer ces contraintes en valeur et justifier d’un déplacement ? La Danette à un euro ou le Nutella en 3 pour 2 sont, à cet égard, largement insuffisants. Des points de vente autrement plus accessibles qu’un Carrefour ordinaire en proposent tout autant ! L’initiative de Carrefour  n’en est que plus méritoire et ambitieuse. Mais aussi exigeante pour l’enseigne, faute de quoi elle produira l’effet exactement inverse : achever de convaincre les chalands que le grand hyper est plus contraintes que bénéfices. Dit autrement : la réussite de Yap Yap dépendra bien davantage de l’exécution au fil des jours que de la force de l’idée initiale. Les trois premiers jours de Yap Yap (hier jeudi, demain samedi et mardi prochain) laissent forcément perplexe. Quatre produits par jour c’est – dans une approche certes très théorique – trois produits de trop. Le nombre d’offres n’a jamais fait la force d’une promotion. La qualité individuelle d’une offre, si. Et là, Carrefour – n° 2 mondial du commerce, faut-il le rappeler – a des atouts à faire valoir. Et l’obligation de se border sur les prix. Le premier jour de Yap Yap restera comme un cas d’école. Le plasma Samsung ? Cdiscount faisait aussi bien. La crêpière à 19 e ? Leclerc proposait une version étrangement ressemblante à 17 e (voir page suivante). Pour des offres «à prix cassé» et «que chez Carrefour», y’a pas à dire, y’a mieux à faire !
Olivier Dauvers

TGC91LES FAITS. Carrefour a lancé hier sa nouvelle mécanique promotionnelle : Yap Yap, diminutif de «quand y’en a plus, y’en a plus». Le principe ? 4 produits par jour «à prix cassé» et en quantité limitée.

Rien n’est hasard… Alors que,  faute de financement, Promo Libre s’étiole (des offres moins nombreuses, moins attractives et moins relayées en points de vente), Carrefour lance donc Yap Yap. Pas sûr que les (plus) vieux grognards de l’enseigne se retrouvent dans pareil langage ! Reste qu’ils en auront vite compris le principe tant l’idée est vieille comme le commerce : une «offre choc en quantité limitée». Rien de neuf en apparence. Les «un jour, un produit» de Carrefour à la fin des années 1990 ou les dramatisations d’Intermarché dix ans plus tôt (Gérard Klein au micro) utilisaient déjà les mêmes ressorts.

Mais une recette largement éventée en devient-elle forcément éculée ? Evidemment pas. Sur le papier, le Yap Yap de Carrefour mérite un hip hip hourra ! Car il redonne tout son sens à l’hyper, par principe le point de vente de l’événement. Evénement dont Yap Yap se veut une forme moderne. Par définition, l’hyper est en effet un format contraignant : plus loin et plus grand que les autres. Aussi, la seule question qui vaille est là : comment, par la proposition commerciale, transformer ces contraintes en valeur et justifier d’un déplacement ? La Danette à un euro ou le Nutella en 3 pour 2 sont, à cet égard, largement insuffisants. Des points de vente autrement plus accessibles qu’un Carrefour ordinaire en proposent tout autant ! L’initiative de Carrefour n’en est que plus méritoire et ambitieuse. Mais aussi exigeante pour l’enseigne, faute de quoi elle produira l’effet exactement inverse : achever de convaincre les chalands que le grand hyper est plus contraintes que bénéfices. Dit autrement : la réussite de Yap Yap dépendra bien davantage de l’exécution au fil des jours que de la force de l’idée initiale. Les trois premiers jours de Yap Yap (hier jeudi, demain samedi et mardi prochain) laissent forcément perplexe. Quatre produits par jour c’est – dans une approche certes très théorique – trois produits de trop. Le nombre d’offres n’a jamais fait la force d’une promotion. La qualité individuelle d’une offre, si. Et là, Carrefour – n° 2 mondial du commerce, faut-il le rappeler – a des atouts à faire valoir. Et l’obligation de se border sur les prix. Le premier jour de Yap Yap restera comme un cas d’école. Le plasma Samsung ? Cdiscount faisait aussi bien. La crêpière à 19 euros ? Leclerc proposait une version étrangement ressemblante à 17 euros (voir sur le PDF en téléchargement ci-dessous). Pour des offres «à prix cassé» et «que chez Carrefour», y’a pas à dire, y’a mieux à faire !

Olivier Dauvers

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