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Jean-Charles Naouri dessine le nouveau Géant…

JCN

Présentation des résultats Casino pour l’exercice 2016 ce matin à Paris. En résumé, c’est la France qui sauve la copie (l’analyse détaillée est à lire ce soir dans notre veille VIGIE GRANDE CONSO). En aparté, échange avec Jean-Charles Naouri, en compagnie de quelques confrères. L’occasion pour le “boss” d’esquisser ce que sera l’hyper de demain. Ou, à tout le moins, le Géant du futur. 

Déjà, une confirmation. Le Géant de demain sera encore et toujours moins… grand ! En 2016, les surfaces exploitées ont ainsi à nouveau baissé de 1,6 % (ce qui a mécaniquement accru les rendements). Et 2017 devrait marquer une accélération de la tendance avec un recul plus important encore. Deux sites sont actuellement en test pour une nouvelle réduction des surfaces : Amiens (déjà présenté en avant-première ici) et Nîmes. Et cinq autres sites sont déjà prévus à très court terme. 

A la base du mouvement, la conviction que Jean-Charles Naouri exprime depuis longtemps sur la “web-perméabilité” d’une partie du non-alimentaire (qui a d’ailleurs été à l’origine de l’investissement dans Cdiscount dès 1998). “En non-alimentaire, certaines familles sont très sensibles au e-commerce. Aujourd’hui, il y a même une accélération du phénomène. Non seulement nos ventes baissent mais le taux de marge est plus faible car internet devient le référent prix aux yeux des clients, explique JCN. En clair, la structure de coût du web est tellement plus légère que celle d’un hyper que, sur certaines catégories, le match des prix est déséquilibré. Ces catégories ? Sans surprise l’électronique au premier chef et, globalement, un périmètre produits qui pèse de 6 à 7 % des ventes totales. Et tout en désinvestissant progressivement ces catégories (pas plus rapidement que les consommateurs quand même“, dixit JCN), Géant va jouer la carte promo via les OP “coups de poing” : des promos spot avec une décote garantie de 50 %. A l’inverse, “certains rayons sont moins sensibles au web : la maison, le textile, le bricolage, etc.“. Autant de catégories qui vont bénéficier de la réallocation des surfaces. 

Mais le grand gagnant à venir est… l’alimentaire. Aujourd’hui, c’est très exactement 80,3 % du chiffre d’affaires de Géant (en hausse de 3,9 % l’an dernier). Et la quote-part “alim” progresse année après année sous l’effet du recul des ventes non-alimentaires. En ce sens, la réduction des surfaces ne va faire qu’accélérer le mouvement ! 

Reste le prix. Là encore, JCN a des convictions qui sont désormais solidement ancrées sur le sujet. “Sur le format hyper, le prix ne peux pas être juste dans la moyenne. Il doit être moins cher que les autres circuits“. En clair, pas question que Géant soit au-dessus de Super U et d’Intermarché. Par principe. Tiens, voilà une question à poser vendredi à Wilhem Hubner, le patron d’Auchan, qui se prêtera lui-aussi au jeu de la présentation de résultats… : Auchan peut-il durablement être cher que Super U et Intermarché ? ;-)