Archives pour janvier 2010
Le nouveau patron de Carrefour France sera… Anglais
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 14 janvier 2010
Carrefour France a donc, depuis aujourd’hui, un nouveau patron… anglais : James McCann, ancien de Tesco. Il succède à Gilles Petit, que Lars Olofsson, comme le veut la tradition, a « remercié pour son travail ». Que faut-il comprendre, en creux, de cette décision qui en a stupéfait plus d’un chez Carrefour ? Que Tesco fait donc rêver, bien plus que les seuls analystes financiers… Et qu’il faut probablement s’attendre à des résultats très moyens en France quitte à « charger la barque » pour promettre des jours meilleurs dès 2010. L’histoire – du management dans les grands groupes – est en effet un éternel recommencement.
Au passage, je ne résiste pas à vous livrer quelques SMS à chaud reçus de « bons contacts » : « A quand la fusion ? » me dit l’un ? « S’il importe la démarche CRM de Tesco, on va en entendre parler » me dit un autre. « La convergence de marque et le multi-canal multi-format » va s’accélérer pronostique un troisième. Ou encore : « la dernière fois que des cadres de Tesco ont débarqué en France, on se rappelle ce que ça a donné « (NDLR : c’était le rachat de Catteau en 1992, revendu ensuite à Promodès). A suivre donc ! Et bienvenue à James McCann. Sans oublier une pensée affectueuse pour Gilles Petit. Pas facile la vie de top-manager !!!
Après la «décroissance», la «non-commercialisation»…
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 13 janvier 2010
Après la « décroissance », concept encore un peu vague et bien peu fédérateur, voici un nouveau mot dans ce grand magma sémantique autour du développement durable : la « non-commercialisation ». Tout chaud livré par Auchan il y a quelques minutes. S’associant à diverses associations écologiques, le groupe s’est fendu d’un communiqué pour réclamer l’inscription du thon rouge sur la liste des espèces menacées d’extinction, ce qui empêcherait toute exploitation commerciale non-durable. Et Auchan de rappeler qu’il a décidé spontanément, dès décembre 2007, d’arrêter toute commercialisation de ce poisson sur ses étals, tant en supers qu’en hypers. Ce qui a permis, souligne le groupe, une « non-commercialisation de 1 400 tonnes de thon rouge en deux ans ». Non commercialisation… Voilà bien un nouveau concept commercial. Et un clin d’œil aux patrons d’hypers Auchan (et j’en connais parmi les lecteurs assidus du site…) qui ont parfois quelques difficultés à atteindre leurs objectifs : évoquez devant votre supérieur un « non chiffre d’affaires réalisé » ! Il devrait comprendre… Et, pourquoi pas, vous en féliciter. Car le développement durable imposera bien une consommation plus mesurée…
Le bêtisier de l’année 2009
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 12 janvier 2010

La vie commerciale recèle parfois quelques perles. Comme chaque année, 2009 a généré son lot d’images insolites, de concours de circonstances improbables, d’énormités, bref de pépites ! En guise de “bêtisier de l’année”, quelques images extraites de la nouvelle édition de l’ouvrage “Tranches de vie commerciale”, désormais disponible. Histoire de méditer sur le “Penser client”.
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Pour télécharger le fichier PDF haute qualité d’images… cliquez ici
Sur les ondes : la caissière et le consommateur
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 11 janvier 2010
Les caisses automatiques vont-elles remplacer les caissières ? Et, plus généralement, quel est l’avenir des automates dans le commerce (cinéma, aéroport, etc.). Tel était, ce matin, le thème de l’émission de France Inter Service Public de laquelle j’étais l’invité. L’occasion de constater une nouvelle fois la formidable schizophrénie du consommateur-citoyen qui, selon les études, dit tout et… son contraire. Interrogé dans la rue, il est un citoyen, outré d’imaginer que des machines puissent remplacer les caissières. Questionné en situation d’achat (c’est alors un consommateur), il s’offusque de l’attente qu’on lui impose et rêve d’un machine pour aller plus vite… Et du dialogue avec les auditeurs ressort – comme toujours – cette expression finalement très romantique et teintée d’une grande utopie : le « sourire de la caissière » que l’on ne veut pas troquer contre les « bip » d’une machine. Moi non plus ! Mais, soyons honnête : j’ai peine à me rappeler du dernier sourire d’une caissière. Ce que je comprends d’ailleurs fort bien, au regard de la pénibilité de leur tâche.
Parce qu’elle le vaut bien !
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 11 janvier 2010
Une fois n’est pas coutume, une recommandation… Cette jeune femme – Marion Gibert –, étudiante en école de commerce à Bordeaux recherche un stage de longue durée à partir du printemps. Idéalement, assistante chef de produit. Ayant eu à travailler avec elle dans le cadre de l’un de ses précédents stages (voir son CV ici), je la recommande les yeux fermés. Allez-y sans hésitation. Et tant qu’on y est, soyons fou, c’est satisfait ou remboursé !
Convergence de marque : Carrefour peut mieux faire
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 9 janvier 2010

Cette semaine, le hasard d’une distribution de prospectus a placé l’un à côté de l’autre deux tracts made in Carrefour. L’un pour les supers, l’autre pour les hypers. Traduction très concrète de la convergence de marque, initiée par José Luis Duran et poursuivie par Lars Olofsson. Mais, à bien y regarder, la convergence de marque n’est pas complète : Carrefour se présente sous deux identités visuelles. L’ancienne pour les supermarchés ; la nouvelle pour les hypers. Comme s’il s’agissait de montrer la prééminence d’un réseau sur l’autre (ce que se chargent parfois de rappeler les top managers des hypers…). D’autant plus surprenant que le travail à faire n’apparaît pas insurmontable. D’ailleurs, pour aider Carrefour dans sa maîtrise des frais généraux, le studio graphique des Editions Dauvers leur offre la bonne déclinaison pour les prochains prospectus Carrefour Market. Y’a pas de petites économies !

Le prix de la fidélité
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 9 janvier 2010
Il m’arrive souvent, ici ou ailleurs, d’être le (sévère) procureur des politiques de fidélité des enseignes, qui n’ont de fidélité que le nom puisqu’elles récompensent avant tout les acheteurs opportunistes. A dire vrai, la distribution n’est pas la seule à avoir une compréhension bien approximative de l’esprit, comme de la lettre, de la fidélité. La presse aussi… Exemple : Les Echos, un journal éditorialement remarquable, mais commercialement pas encore au top ! La proposition de réabonnement qui me parvient ce matin me surprend : 416 euros l’année. Bien cher pour un abonné fidèle. En deux clics, sur le site du journal, une proposition plus alléchante : 348 euros, un téléviseur LCD 16/9 en prime ! Et, évidemment, « réservée aux nouveaux abonnés ». En clair, le client fidèle paiera 20 % plus cher que l’opportuniste. C’est sans doute… le prix de la fidélité !
Auchan « invente » 5 ans après Casino…
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 7 janvier 2010

La une du Figaro est forcément une information. Du lourd, du vrai, du recoupé, pas du « copier-coller ». « Auchan invente l’hyper à prix cassé », titre aujourd’hui le quotidien qui consacre au sujet une double une (son cahier économique et le journal lui-même), s’inspirant d’une information révélée par le site leblogmulliez.com. Concrètement, Auchan a décidé de rouvrir dans une version plus discount – et baptisée Priba – son magasin de Mulhouse, canard boiteux du réseau français. Plus discount parce que sans service ou presque (rayons à 100 % LS), avec moins de références (30 000 codes pour 9 000 m2), plus de produits premiers prix et MDD, etc. En clair : un abaissement notable du coût-outil. Bref, dans l’esprit, le même raisonnement et les mêmes grandes directions que Casino qui, en… février 2005, avait ainsi reconfiguré son propre canard boiteux, l’hyper de Basso Combo à Toulouse en le rebaptisant Géant Discount. Autant dire qu’accorder à Auchan l’invention de l’hyper à prix cassés est tout de même un singulier raccourci. Tout se perd, même la mémoire ;-)
Cadbury, Kraft, Nestlé : le Monopoly, mais en vrai !
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 6 janvier 2010
L’OPA de l’Américain Kraft sur le Britannique Cadbury est une belle illustration de la world économie contemporaine. D’un côté le prédateur, Kraft, qui bande ses muscles (« c’est moi le plus fort, sans moi t’es mort ») ; de l’autre la proie, Cadbury, qui fait pleurer dans les chaumières anglaises sur l’air « C’est le patrimoine national qui est menacé » (pensez donc : ses recettes de chocolats valent trésor à côté desquels les bijoux de la Reine sont pacotille). Enfin, troisième rôle, le chevalier blanc : le Suisse Nestlé. Mais un chevalier finalement pas si valeureux… Après réflexion, Cadbury ne l’intéresse pas vraiment. Bien moins que les pizzas de Kraft. Lequel dit banco illico. Moyennant 3,7 milliards de dollars, le Suisse avale donc les pizzas de l’Américain qui, lui, accroît sa marge de manœuvre financière pour se payer les chocolats de Cadbury (pendant que Nestlé digère). Un ballotin à environ 15 milliards de dollars… Le tout pour une véritable partie de Monopoly, mais en vrai.







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