Archives pour mars 2011

Le défaut d’affichage des prix enfin mesuré

AffichagedesprixJe sors de la « Journée Grand Froid ». Pour faire simple, c’est le rassemblement annuel de la filière surgelés-glaces (des prestataires logistiques jusqu’aux distributeurs). L’un des temps forts cette année, une étude menée ad-hoc sur la défaillance de l’affichage des prix en rayons (surgelés-glaces), par l’institut d’études Cerp. Une étude sérieuse : 242 magasins visités. Et un résultat accablant sur les… 118 000 observations : 15,3 % de produits sans étiquette-prix (donc, disons-le tout net : sans prix) et 17,2 % d’étiquettes sans produits. Différemment présenté : seul 2 produits sur 3 sont correctement étiquetés. Pas besoin d’aller chercher bien plus loin où se situe le réservoir de croissance sur ce marché… Evidemment dans le « Penser-client » dont je suis l’ardent défenseur. Alors, pour mémoire, les piliers fondamentaux de « Penser-Client » : 1) l’exécution de l’offre (rendre l’offre lisible et compréhensible) ; 2) l’exécution du prix (rendre le prix visible et compréhensible) ; 3) et l’expérience-client (ce que l’enseigne donne à vivre en magasin).

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De la relativité de la rentabilité…

RentabilitéAuchanCarrefour-BDRevue de presse. Challenges est l’une de mes lectures économiques favorites. Mais là, je dois vous l’avouer, j’ai trouvé l’analyse comparée de la rentabilité d’Auchan et Carrefour un peu courte. « Auchan, quatre fois plus rentable que Carrefour », assène en titre l’hebdomadaire. Pas faux si l’on s’en tient au résultat net : 0,42 % du CA pour Carrefour, 1,74 % pour Auchan. Mais le résultat net est-il le meilleur indicateur de la rentabilité d’une entreprise au sens opérationnel du terme, précisément le sujet que voulait traiter Challenges ? Evidemment non. Pour ce faire, il n’est pas inutile de « remonter le compte d’exploitation ». Pour l’exemple, arrêtons-nous sur l’EBITDA (résultat d’exploitation courant, hors amortissements et provisions). Ce n’est pas le seul indicateur, loin s’en faut, mais il a deux mérites : 1) mieux matérialiser l’activité d’une entreprise que le résultat net ; 2) avoir été publié par les deux groupes (non côté en bourse, Auchan présente des résultats moins détaillés que Carrefour). Donc, allons-y pour l’EBITDA : 5,9 % du CA pour Auchan ; 5,4 % pour Carrefour. Ce qui n’est plus tout à fait la même musique !

PS : au passage, un clin d’œil à ceux d’entre-vous qui mettent parfois en cause mon « impartialité » envers Carrefour…

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La valeur du moins cher

PrixRENNESCONSOSe dire le moins cher ; pouvoir le démontrer ;  qui plus est cautionné par une source extérieure : rien de mieux pour un magasin. Alors, sans surprise, notre classement du magazine RENNES CONSO est souvent repris en magasin. Sans conteste, ici sur Rennes, c’est le Leclerc de Vern qui en joue le plus. Affiche format sucette quasiment devant l’entrée et reprise du visuel du magazine sur chaque caisse. Impossible pour les clients de manquer l’information. C’est de bonne guerre.

Au passage, une info pour « teaser » le prochain RENNES CONSO qui sera mis en ligne lundi prochain. Une sacré évolution dans le classement pour l’une des enseignes. Et, sur ce que j’en sais au niveau national, ce que nous avons observé sur Rennes l’a aussi été le mois dernier par les panélistes. Tout ça vous paraît mystérieux ? Rendez-vous lundi prochain…

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Les soldes ? C’est d’un banal !

AirFranceSoldesVous avez remarqué ? Ce sont les soldes chez Air France. Non ? C’est normal. Aucun intérêt ou presque. Un aller-retour Boston à 648 euros ou Montréal à 588 euros n’a franchement rien d’un prix « cassé », « massacré », « écrabouillé » ou autres verbes signes d’un sacrifice quelconque. Il faut y voir ni plus ni moins qu’un habituelle promotion. Et donc une nouvelle illustration – hors grande conso certes, mais néanmoins révélatrice – que les soldes ne sont plus vraiment les soldes. Remarquez, les clients l’ont remarqué depuis quelques saisons déjà.

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Hollywood, l’autruche et l’animateur

Autruche-BDC’est sans conteste l’un des derniers « gros » lancements de l’alimentaire : les chewing-gum Hollywood Style Méga Mystery (rien que ça). J’vous la fais courte pour ceux qui sont passés à travers. Un chewing gum dont l’acheteur ne connaît pas le goût avant d’y avoir goûté. C’est un mystère. Et un mystère qui en devient même un secret qu’il convient de protéger (ça, c’est le spot pub). Lorsqu’un consommateur menace de révéler le parfum du chewing-gum, Hollywood dépêche une escouade d’autruches pour protéger le secret. Original ? Sans aucun doute. Décalé ? Juste comme il le faut sur un marché d’impulsion. Jusque-là, donc, RAS. C’est en effet à partir du magasin que ça se corse. Le week-end dernier, c’était animations. Pour assurer la cohérence de la démarche (là encore, rien à dire sur le principe, bien au contraire), l’animateur était ici grimé en cavalier chevauchant un autruche. J’vous parle pas du relatif ridicule de la situation. Non. Ca, les animateurs/trices ont hélas l’habitude. Le problème est plutôt l’effort (physique) qui leur est demandé. Regardez bien le déguisement. Et vous comprendrez pourquoi cet animateur m’a confié avoir négocié avec sa supérieure de pouvoir s’en débarrasser l’après-midi. Ce qui, probablement, le rendra plus efficace commercialement.

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La meilleure nouvelle de mon « déj » : les promos, ça coûte !

Déjeuner ce midi avec un « grand » patron. Un indice : il préside aux destinées d’une enseigne alimentaire (pour les curieux, ça ne fait finalement que 5 ou 6 possibilités, mais là n’est pas l’essentiel). Au menu : foie de veau et échanges de vues. Et la meilleure nouvelle du repas, c’est quand mon interlocuteur m’assure que la promo est dans son enseigne un… centre de coût. « Oui, me dit-il, j’accepte que la promo nous coûte de l’argent ». Excellente nouvelle, me direz-vous ? Eh oui, parce que depuis de nombreuses années, l’obsession des enseignes à gagner de l’argent sur la promo (ou à ne pas en perdre) les conduit à affadir leurs promos. Au sens très historique (et efficace) du terme, la promo, c’est l’ilot de pertes dans un océan de profit. Que mon interlocuteur le reconnaisse m’a réjoui. Tout simplement.

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Pour écouter les DSI Carrefour et Intermarché

TIC et business, voilà en (grand) résumé la thématique de la soirée organisée sous l’égide de l’ESCP Europe et d’Arts et Métiers, jeudi prochain à Paris (voir l’invitation ici). Parmi les intervenants, les DSI de Carrefour (Hervé Thoumyre) et d’Intermarché (Georges Epinette). Perso, je n’y serai pas, retenu par un engagement par ailleurs. Mais je le regrette. Et vous recommande, pour ceux qui le peuvent, d’aller les écouter. C’est jamais inutile !

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Ricard et les 16 euros

CRF Market RicardRicard a toujours eu un problème avec les effets de seuil, mais la marque a peut-être – enfin – trouvé la clé… Il y a bientôt 10 ans, lors du passage à l’euro, « le » Ricard tutoyait les 100 francs. Les premiers temps, post-euro donc, impossible pour la marque de franchir les 15,24 euros (le parfait équivalent de 100 francs), faute de quoi les volumes chutaient immédiatement. Au fil des ans et avec la disparition mentale du franc, Ricard a finalement réussi à se détacher des 15,24 euros, mais sans s’en éloigner vraiment. Depuis 2004 par exemple, selon les enquêtes – locales mais toujours significatives – du mensuel RENNES CONSO, le prix courant a par exemple oscillé entre 15,40 et 15,90 euros. Pas franchement de quoi s’enflammer sur l’inflation ! Car Ricard a trouvé un nouveau seuil sur sa route : 16 euros. Tout autant un seuil consommateurs qu’un seuil distributeurs (pour savoir qui baisserait la garde le premier !). Pour forcer ce seuil, Ricard n’avait d’autre choix que de revoir son mix-marketing. Et ce fût donc… la bouteille. Désormais « carrée » pour justifier que ce n’est plus tout à fait le même Ricard. Un nouveau Ricard, plus moderne, plus 21e siècle et donc plus cher. Une stratégie qui est en train de porter ses fruits et qui va, de fait, gagner ses galons de « marketing case » pour Sup de Co en mal de travaux pratiques. Dans un magasin sur trois, le seuil des 16 euros a déjà été franchi. En clair, les enseignes ont cédé. Encore quelques semaines de patience pour les premières mesures de part de marché quand même. Histoire de vérifier que les consommateurs ont, eux-aussi, suivi !

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Les Doublet (de Toulon), vous connaissez ? 

LES FAITS. La famille Doublet, deux  adultes et trois enfants, ont les honneurs de L’Express pour illustrer 4 pages d’enquête consacrées au pouvoir d’achat des consommateurs français.
La crise est là. La preuve ? Les Doublet, de Toulon. Français anonymes certes, mais Français suffisamment représentatifs de la gravité de la situation pour l’illustrer. De fait, à lire l’hebdomadaire généralement bien informé, c’est la panade chez les Doublet.  «On a réduit le poisson et la viande à la portion congrue, témoigne l’un des Doublet que l’on devine être la mère de famille. Et voilà deux ans que je ne vais plus dans les grandes surfaces gigantesques où l’on finit toujours par acheter ce dont on a pas besoin». La suite est logique, presque attendue… «On a beau faire attention, à la fin du mois on est tous les deux à découvert». Lui est pourtant chef de projet au Conseil Général du Var. Elle, éducatrice spécialisée. Preuve, faut-il sans doute comprendre, que la crise n’épargne personne, pas même les couples bi-actifs. D’ailleurs – attention, séquence compassion – la famille a cet hiver investi dans une tronçonneuse pour s’approvisionner gratuitement en bois : «75 euros le mètre cube, ça devenait trop cher». Pauvre France ! Un détail : le «revenu net mensuel du ménage», ainsi que le présente L’Express. 4300 euros. Pas franchement la famille moyenne ni… étranglée ! Les charges incompressibles payées (1600 e pour emprunt, impôts, assurances, factures d’électricité et de gaz, mutuelles), les Doublet ont un budget disponible de… 2 700 e.
Voilà donc les «nouveaux pauvres». Mais quelle pauvreté ? La pauvreté avérée, d’ailleurs statistiquement définie (949 e mensuels pour une personne seule, 1 362 e pour une couple, etc.) ? Non, évidemment pas. Comme la majorité des Français, les Doublet souffrent bien davantage de leur vouloir d’achat que de leur pouvoir d’achat (une idée déjà développée en septembre 2006, Tribune Grande Conso n°33). Factuellement et sur une longue période, par exemple dix ans, le pouvoir d’achat a progressé. Oh !, certes, bien moins que dans les décennies passées. Mais faible progression n’a jamais valu regression. En fait, les Doublet sont victimes d’une pauvreté ressentie, sentiment qui naît, indépendamment du revenu, dès qu’un consommateur ne peut s’offrir l’objet de son désir. Dit autrement, l’écart croissant entre pouvoir d’achat et vouloir d’achat génère frustration et sentiment d’appauvrissement. Les Doublet n’ont rien découvert d’autre que la société de la frustration, logique avatar de la société de la consommation dès lors que l’offre progresse plus rapidement que la ressource.
Olivier Dauvers

TGC94LES FAITS. La famille Doublet, deux  adultes et trois enfants, ont les honneurs de L’Express pour illustrer 4 pages d’enquête consacrées au pouvoir d’achat des consommateurs français.

La crise est là. La preuve ? Les Doublet, de Toulon. Français anonymes certes, mais Français suffisamment représentatifs de la gravité de la situation pour l’illustrer. De fait, à lire l’hebdomadaire généralement bien informé, c’est la panade chez les Doublet.  «On a réduit le poisson et la viande à la portion congrue, témoigne l’un des Doublet que l’on devine être la mère de famille. Et voilà deux ans que je ne vais plus dans les grandes surfaces gigantesques où l’on finit toujours par acheter ce dont on a pas besoin». La suite est logique, presque attendue… «On a beau faire attention, à la fin du mois on est tous les deux à découvert». Lui est pourtant chef de projet au Conseil Général du Var. Elle, éducatrice spécialisée. Preuve, faut-il sans doute comprendre, que la crise n’épargne personne, pas même les couples bi-actifs. D’ailleurs – attention, séquence compassion – la famille a cet hiver investi dans une tronçonneuse pour s’approvisionner gratuitement en bois : «75 euros le mètre cube, ça devenait trop cher». Pauvre France ! Un détail : le «revenu net mensuel du ménage», ainsi que le présente L’Express. 4300 euros. Pas franchement la famille moyenne ni… étranglée ! Les charges incompressibles payées (1600 euros pour emprunt, impôts, assurances, factures d’électricité et de gaz, mutuelles), les Doublet ont un budget disponible de… 2 700 euros.

Voilà donc les «nouveaux pauvres». Mais quelle pauvreté ? La pauvreté avérée, d’ailleurs statistiquement définie (949 euros mensuels pour une personne seule, 1 362 euros pour une couple, etc.) ? Non, évidemment pas. Comme la majorité des Français, les Doublet souffrent bien davantage de leur vouloir d’achat que de leur pouvoir d’achat (une idée déjà développée en septembre 2006, Tribune Grande Conso n°33). Factuellement et sur une longue période, par exemple dix ans, le pouvoir d’achat a progressé. Oh !, certes, bien moins que dans les décennies passées. Mais faible progression n’a jamais valu regression. En fait, les Doublet sont victimes avant tout d’une pauvreté ressentie, sentiment qui naît, indépendamment du revenu, dès qu’un consommateur ne peut s’offrir l’objet de son désir. Dit autrement, l’écart croissant entre pouvoir d’achat et vouloir d’achat génère frustration et sentiment d’appauvrissement. Les Doublet n’ont rien découvert d’autre que la société de la frustration, logique avatar de la société de la consommation dès lors que l’offre progresse plus rapidement que la ressource.

Olivier Dauvers

Pour téléchager Tribune Grande Conso en haute-déf, c’est là

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Un drive de produits régionaux

Prenez deux tendances porteuses : 1) le développement du format drive ; 2) l’attrait (confirmé) pour les produits régionaux. Mélangez bien. Et vous obtenez un drive de produits régionaux (www.directogourmet.com). C’est l’idée d’un ingénieur Agri*, Jean-Yves Lelièvre, qui exploite 7 points de retrait sur Toulouse et ses environs. L’initiative est certes encore perfectible : offre insuffisante et absence « d’histoire » autour des produits (alors que c’est précisément le supplément d’âme potentiel des produits proposés). Mais directogourmet.com illustre bien le large champ des possibles ouvert par le drive, notamment en matière de vente directe et plus généralement en circuit court. A suivre donc…

* Jean-Yves Lelièvre est, comme votre serviteur, un « Purpanais » de l’école d’ingénieur en agriculture de Purpan à Toulouse. Très franchement, je connais pas personnellement Jean-Yves, donc cette note n’est même pas une pub déguisée ! A part peut-être pour cette fameuse école !

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