Articles taggés Relation-client
L’Occitane, petite leçon de relation-client
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 23 décembre 2010
Presque les derniers achats de Noël. Le hasard me conduit chez L’Occitane. Et là, la véritable expérience-client qui transcende le simple prix de ce que l’on achète. D’abord, il y a cette ambiance magasin. De la marchandise, mais rien d’excessif. Difficile équilibre auquel parvient l’enseigne. Autre équilibre : la relation personnel-client. Les vendeuses sont à la fois suffisamment présentes mais tout aussi suffisamment distantes pour ne pas en être oppressantes. Equilibre trop subtil pour n’être que le fruit du hasard. Bravo à la formation donc ! Et puis, il y a ces messages ça et là dans le magasin qui nourrissent le positionnement de l’enseigne. Là encore, rien d’ostentatoire ou de criard (voir la photo). J’en viens à conclure que la relation-client se construit toujours mieux à coup de touches subtiles qu’avec de (trop) gros sabots !
Carte postale de Montréal (2)
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 15 octobre 2010
L’avis des consommateurs (sur leur vie en magasin) est évidemment précieux. Pour encourager les clients à juger leur enseigne, Super C (comme Loblaw notamment) a trouvé la parade : faire de l’étude d’opinion une loterie. Donnez votre avis et « courez » la chance de gagner 1 000 dollars ! Selon les magasins, de 15 à 100 consommateurs se prononcent par semaine chez Super C par exemple. Avec plus ou moins de représentativité, les directeurs de points de vente ont donc un état des lieux hebdomadaire de leur relation-client. Pas bête !
Boucicaut, l’inventeur de la relation-client
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 26 mai 2010
LES FAITS. Parution du Tome 2 de la collection «Les Pratiques du Commerce», consacré à la Relation-Client. L’occasion de revenir sur l’apport fondateur de Boucicaut sur la relation entre un magasin et ses clients.
Pas de commerce sans clients, c’est l’évidence ! Pas de transaction sans un lien, aussi ténu soit-il, entre vendeur et acheteur. Ce lien qui est donc, par construction, à la base du commerce et par conséquence à l’origine des plus formidables réussites. Le pionnier des temps modernes ? Boucicaut. Aristide Boucicaut, le découvreur des vertus du discount bien avant les Leclerc, Mulliez et autres Defforey. Mais surtout le véritable inventeur d’une relation-client qui n’a jamais transigé sur l’essentiel : gagner et conserver la confiance du client.
En 1852, lorsqu’il imagine le Bon Marché, le client est omniprésent. Dans les contours même du magasin, première grande surface répondant au «tout sous le même toit». Lorsque le commerce d’alors ne jure que par la spécialisation (« à chaque boutique son métier ! », entendait-on), Boucicaut rassemble l’équipement de la maison et l’équipement de la personne en un même lieu, où chaque marché devient un rayon. Une révolution pour l’époque, simplement inspirée par une vision : la simplification de l’achat, par l’unité de lieu. Après tout, voilà bien la première pierre à l’édifice de la relation-client : simplifier plus que compliquer.
L’avenir du commerçant ? Avec le client !
Mais Boucicaut voit plus loin et comprend bien mieux que ses contemporains la psychologie du chaland. Le doute est l’ennemi de l’achat, résume-t-il souvent en substance. Le processus d’achat est une subtile mécanique qu’un simple grain de sable suffit à enrayer. La responsabilité absolue du commerçant est d’éviter d’en être la cause. Par exemple en affichant les prix, l’une des initiatives majeures de Boucicaut. Au milieu du XIXe siècle en effet, dans n’importe quel commerce, le prix était l’expression d’un rapport particulier entre le vendeur et l’acheteur. En clair, non fixé à l’avance. Bref, un véritable souk (au sens le plus marchand du terme !) où le client n’était jamais certain d’avoir obtenu le meilleur prix possible. Afficher les prix, c’est jouer carte sur table. La transparence pour la confiance. Et c’est bien là le second pilier de la relation-client : rassurer plus qu’inquiéter. Naturellement, Boucicaut pratiquait davantage qu’il ne théorisait. Il n’empêche. Tout, dans sa vision du commerce, se nourrissait de cette certitude : le commerçant n’a d’avenir qu’avec le client, et non contre, comme le relayaient les us de l’époque. «L’entrée libre» dans les magasins ? Encore et toujours Boucicaut. Un client, rassuré de pouvoir entrer et sortir à sa guise, sera d’autant plus enclin à… entrer ! Un détail, l’entrée libre ? A l’évidence non lorsqu’on se nourrit des récits de l’époque décrivant des vendeurs pressants, contraignant presque le chaland. Comme le symbole d’une révolution commerciale en cours, l’entrée libre montrait bien où Boucicaut avait placé le client : avant tout.
Un siècle et demi plus tard, la multiplication des formes de vente et des enseignes place plus que jamais la relation-client au cœur des stratégies. Autrement dit, face à l’hyper sollicitation, la qualité du lien est bien souvent le déterminant majeur de toute décision d’achat. Les visions élémentaires de Boucicaut n’en sont que plus fondamentales : simplifier plus que compliquer et rassurer davantage qu’inquiéter. Evident ? Sans aucun doute. Mais si souvent négligées dans la proposition commerciale ou l’expérience d’achat.
Olivier Dauvers
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Relation-Client : le flop SFR
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 30 avril 2010

Relation-client toujours… L’un des plus fidèles du site, appelons-le Thomas L, me suggère ce cas exemplaire de relation-client (après tout les « bad practices » sont aussi exemplaires que les « best-practices », vous le découvrirez d’ailleurs dans « Mieux Piloter sa Relation-Client »). Donc Thomas L a reçu hier de SFR un courrier pour le remercier de sa fidélité (cliquez ici pour agrandir le courrier et apprécier la belle ouvrage). Thomas L est un « pro », gros utilisateur de son mobile, que SFR a donc entrepris de choyer avec des « bonus fidélité », à découvrir sur un site dédié. Problème : le mailing a été déposé en poste le 22 avril, distribué donc le 29 avril. Une semaine d’acheminement pour un tarif Destinéo, La Poste est dans les clous. Plus que SFR… plutôt à côté de la plaque ! L’offre exceptionnelle réservée à Thomas L est valable depuis le 30 mars, jusqu’au… 26 avril. En déposant son mailing le 22 avril, SFR ne prenait pas grand risque sur l’utilisation de ses bonus ! Si j’étais Dominique Delamarre, le directeur Service Client signataire du courrier, j’aurais visé encore plus haut et proposé directement un aller/retour sur la Lune en remerciement de la fidélité de Thomas L. Lequel n’y aurait évidemment pas cru mais il aurait au moins pu en rire. Là, j’ai cru comprendre qu’il avait rit… jaune !
La Relation-Client : une vertu méconnue d’Apple ?
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 29 avril 2010
La capacité créative d’Apple, son sens aiguisé du marketing sont des vertus avérées et à la source de son succès. Mais sa pratique de la relation-client* me frappe aujourd’hui alors que je ne donne pas suite à l’abonnement d’essai à MobileMe, son service de convergence numérique. Pour les non mac-maniac, ce service est sans doute abscon, je vous l’accorde, mais là n’est pas l’essentiel. Non, l’essentiel est dans la manière dont Apple fait de cet échec commercial (j’ai donc décidé de ne pas m’abonner) un acte fort de relation-client. Mettre fin à l’abonnement d’essai a été simplissime, sans jamais donner l’impression de compliquer le process pour décourager le client. Et dans le choix des mots, quelle évidence… Le dernier écran résume tout. Un message de réassurance sur ce qui inquiète vraiment le client à ce stade : « Votre carte de crédit ne sera pas débitée pour l’adhésion MobileMe ». Bien sûr, cela va sans dire. Mais en matière de relation-client, tout ce qui va sans dire va toujours mieux en le disant ! Enfin, ces derniers mots : « Vous serez toujours le bienvenu ». Là aussi, ce qui va sans dire…
* Vous l’avez peut-être déjà remarqué, le sujet de la relation-client m’intéresse actuellement beaucoup ! Non seulement parce que je crois fondamentalement que dans une époque où « le commerce est difficile » et l’offre souvent substituable entre enseignes, la différence peut se faire par la relation-client. Mais aussi parce que j’ai mis la dernière main il y a quelques jours à un guide pratique sur le sujet écrit par Frank Rosenthal et que je vous proposerai la semaine prochaine. L’encre sèche ! (je dis ça pour ceux qui ont réservé leur exemplaire, pour les autres, un lien est accessible sur l’encart « Mieux Piloter sa Relation-Client »).
Relation-client : parlez-vous le « Air Transat » ?
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 18 mars 2010
Retour en France après la première journée internationale du merchandising (voir la note d’hier). Les organisateurs (qui avaient visiblement décidé de ne pas consommer tout leur budget sur le déplacement des intervenants !) me font découvrir Air Transat, le hard-discount des vols France-Canada. Pourquoi vous faire partager pareille considération bassement matérielle ? Parce qu’elle est riche d’enseignements sur la relation-client version Air Transat, incapable d’assumer sa politique commerciale : des billets à bas prix, mais des surprises à tous les étages. Ce qui, appliqué à la grande conso, rappelle que la communication est un exercice difficile de la relation-client*.
Revenons à Air Transat. Arrivé à bord, le personnel annonce que les écouteurs sont « offerts à prix modeste ». Tout un programme ! « Offerts » (comme dans toutes les compagnies), mais « à prix modeste » parce qu’en fait ils sont bel et bien… vendus ! Effet désastreux. Vendre ses services n’est pas honteux, ne pas l’assumer l’est davantage. Même logique sur la traditionnelle couverture, quasi indispensable sur les vols de nuits. Là, Air Transat franchit toutes les limites imaginables de la relation-client : « Pour des raisons d’hygiène et de non contamination des passagers, Air Transat a décidé de supprimer la distribution de couvertures » annonce en substance un steward. « Néanmoins, Air Transat vous propose un kit personnel avec couverture, masque et bouchons d’oreilles au prix de 7 dollars ». Mesquin ! Au vu de la température dans la cabine, j’en viens même à imaginer que l’équipage a des objectifs de vente à atteindre sur les couvertures… C’est là que la force du modèle économique m’apparaît dans tout son génie : baisser la température de la cabine pour accroître la taille du marché… captif !
* pour être honnête, cette note ne m’est pas dictée par la sortie imminente d’un ouvrage sur la Relation-Client, mais j’en… assume le lien ! Pour être prévenu dès la sortie de l’ouvrage, adressez-moi un mail à : olivier@olivierdauvers.fr




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